‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 284 sur 387 · LIVRE XI, N. CXII, CXII · texte numérisé non relu

LIVRE XI, N. CXII, CXII

Les protestans accusent Renier de calomnier les vaudois, en leur reprochant « qu'ils condamnent le mariage; » mais ces auteurs tronquent le passage, et le voici tout entier : « Ils condamnent le sacrement de mariage, en disant que les: mariés pechent mortellement lorsqu'ils usent du mariage pour une autre fin que pour avoir des enfans ! ; » par où Renier fait voir seulement lerreur de ces superbes hérétiques , qui pour se montrer au-dessus de l'infirmité humaine, ne vouloient pas reconnoitre la seconde fin du mariage, c'est-à-dire celle de servir de remède à la concupiscence. C'est donc à cet égard seulement qu'il accuse ces hérétiques de condamner le mariage , c'est-à-dire d'en condamner cette partie nécessaire , et d'avoir fait « un péché mortel » de ce que la grace d'un état si saint rendoit pardonnable.

On voit maintenant quelle a été la doctrine des vaudois ou des pauvres de Lyon. On ne peut accuser les catholiques ni de l'avoir ignorée, puisqu'ils étoient parmi eux et tous les jours en recevoient les abjurations ; ni d'en avoir négligé la connoissance, puisqu'au contraire ils s'appliquoient avec tant de soin à en rapporter jusqu'aux minuties; ni enfin de les avoir calomniés , puisqu'on les a vus si soigneux, non-seulement de distinguer les vaudois d'avec les cathares et les autres manichéens, mais encore de nous apprendre tous les correctifs que quelques-uns d'entre eux apportoient aux excès des autres; et enfin de nous raconter avec tant desincérité ce qu'il y avoit de louable dans leurs mœurs, qu'encore aujourd'hui leurs partisans en tirent avantage : car nous avons vu qu'on n'a pas dissimulé les spécieux commencemens de Valdo, ni la premiere simplicité de ses sectateurs. Renier, qui les blàme tant, ne feint pas de dire « qu'ils vivoient justement devant les hommes ; qu'ils eroyoient de Dieu ce qu'il en faut croire, et tout ce qui étoit contenu dans le Symbole ?, » qu'ils étoient réglés dans leurs mœurs , modestes dans leurs habits, justes dans leur négoce , chastes dans leurs mariages , abstinens dans leur manger, et le reste qu'on sait assez. Nous aurons un mot à dire sur ce témoignage de Renier; mais en attendant nous voyons qu'il flatte pour ainsi dire plutót les vaudois que de les calomnier ; et ainsi

1 Ren., ibid., p. 151. — ? Ibid., cap. 1v, p. 149; cap. vir, p. 765.

CXII, Le mariage. Si Renier a calomnié les vaudois

Cxnir.

Démonstralion que les catholiques n'ont ni ignoré ni dissimulé la doctrine des vaudois.

CXIY.

Division de la doctrine des vaudois en trois chefs.

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