XY
Doctrine que les protestans rejettent dans les vaudois, aussi bien que les cainoliques.
La doctrine que les catholiques approuvent dans les vaudois , et que les protestans rejettent.
on ne peut douter que ce qu'il dit de ces hérétiques ne soit véritable. Et quand on voudroit supposer avec les ministres que les auteurs catholiques poussés de la haine qu'ils avoient contre eux, les auroient chargés de calomnies, c'est une nouvelle preuve de ce que nous venons de dire de leur croyance, puisqu'enfin si les vaudoiss'étoient opposés à latranssubstantiation et à l'adoration de l'Eucharistie dans un temps oü nos adversaires conviennent qu'elle étoit si établie parmi nous, les catholiques, qu'on nous représente si portés à les charger de faux crimes, n'auroient pas manqué à leur en reprocher de si véritables.
Maintenant (a) done que nous connoissons toute la doctrine des vaudois, nous la pouvons diviser en trois sortes d'articles. Il y en a que nous détestons avec les protestans : il y en a que nous approuvons, et que les protestans rejettent ; il y en a qu'ils approuvent, et que nous rejetons.
Les articles que nous détestons en commun, c'est premièrement cette doctrine si injurieuse aux sacremens , qui en fait dépendre la validité de la sainteté de leurs ministres : c'est secondement de rendre commune indifféremment l'administration des sacremens entre les prêtres et les laïques ; c’estensuite de défendre le serment en tout cas , et par là de condamner non-seulement l'apótre saint Paul, mais encore Dieu méme qui a juré'! ; c'est enfin de condamner les justes supplices des malfaiteurs, et d'autoriser tous les crimes par l'impunité.
Les articles que nous approuvons et que les protestans rejettent, c'est celui des sept sacremens , à la réserve de l'ordre peut-étre et à la manière que nous avons dite ; et ce qui est encore plus important, celui de la présence réelle et de la transsubstantiation. Tant d'articles que les protestans détestent, ou avec nous ou contre nos sentimens dans les vaudois, passent à la faveur de cinq ou six chefs oà ces mémes vaudois les favorisent; et malgré leur hypocrisie et leurs erreurs ces hérétiques deviennent leurs ancétres.
1 Hebr., vi, 13, 16, 17; et vir, 21,
(a) Dans la 17* édition, tout le n. cxtv se trouve à la fin de l'ouvrage, parce qu'il fut composé après l'impression du XI* livre.