‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 291 sur 387 · LIVRE XI, N, CXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XI, N, CXXIX

OEcolampade et Bucer, des moyens de s'y unir‘: ce qui nous fait assez voir que cette Confession de foi, non plus que les autres que Perrin produit, n'est pas des anciens vaudois; mais des vaudois réformés à la mode des protestans.

Aussi avons-nous déjà remarqué qu'il ne fut nulle mention de Confession de foi des vaudois dans la conférence de 1530 des mêmes vaudois avec OEcolampade *. Nous pouvons méme assurer qu'ils ne firent de Confession de foi que longtemps aprés, puisque Béze, si soigneux de rechercher et de faire valoir les actes de ces hérétiques, ne parle, comme on a vu ?, d'aucune Confession de foi qu'il en eüt connue qu'en 1544. Quoi qu'il en soit, avant la Réforme de Luther et de Calvin, on n'avoit jamais entendu parler de Confession de foi des vaudois. Séyssel, que la vigilance pastorale et l'obligation de sa charge engageoit dans ces derniers temps, c’est-à-dire en 1516 et en 1517, à une recherche si exacte de tout ce qui regardoit cette secte, ne nous dit pas un seul mot de Confession de foi *, c'est-à-dire qu'il n'en avoit rien appris, ni par un examen juridique, ni de ceux qui se convertissant entre ses mains avec tant de marques de sincérité, lui découvroient avec larmes et componction tout le secret de la secte. Ils n'avoient done point encore alors de Confession de foi; il falloit apprendre leur doctrine par leurs interrogatoires, comme on a vu : mais de Confession de foi, ni d'aucun écrit des vaudois, on n'en trouve pas un mot dans les auteurs qui les ont le mieux connus. Au contraire les fréres de Bohéme, secte dont nous parlerons bientót, et à laquelle les vaudois ont souvent tenté de s'unir et devant et après Luther, nous apprennent qu'ils n'écrivoient rien. « Ils n'avoient jamais eu, disoient-ils, d'église connue en Bohême, et nos gens ne savoient rien de leur doctrine, parce qu'ils n'en avoient jamais publié aucun écrit dont nous soyons assurés *. » Et dans un autre endroit: « Ils ne vouloient point qu'il y eüt aucun témoignage public de leur doctrine *. » Que si l'on veut dire qu'ils ne laissoient pas d'avoir entre eux quelques écrits et quelques

1 Lettre d'OEcolampade ; Perr., ibid., chap. vt, p. 46; chap. vir, p. 59. — ? Ci-

dessus, n. 119, — ? Ci-dessus, n. 4. — ^ Séyss., fol. 3 etseq. — 5 Esrom. Rudig.,

. de fratr. Orth. narrat. Heid. cum. hist., Cam., 1625, p. 147, 148. — 6 Pref. Conf. fid. Frat. Bohem., an 1572, ibid., A13.

Démonstration que les vaudois n'avoient point de Confession de foi avant la Réforme prétendue,

Confessions de foi, ils les eussent données aux frères avec lesquels ils vouloient s'unir. Mais les fréres déclarent qu'ils n'en ont rien su que par quelques articles de Mérindol, « lesquels, disent-ils, il se pourroit faire qu'on auroit polis de notre temps ‘. » C'est ce qu'écrit un savant ministre de ces bohémiens longtemps aprés la Réforme de Luther et de Calvin. Il auroit parlé plus conséquemment, si au lieu de dire qu'on a poli ces articles depuis la Réforme , il avoit dit qu'on les a fabriqués. Mais c'est qu'on vouloit dans le parti donner quelque air d'antiquité aux articles des vaudois, et ce ministre ne vouloit pas tout à fait révéler ce secret de la secte. Quoi qu'il en soit, il en dit assez pour nous faire entendre ce qu'il faut croire des Confessions de foi qu'on produisoit de son temps sous le nom des vaudois; et on voit bien qu'ils ne savoient guére la doctrine des protestans avant que les protestans les en eussent instruits. A peine savoient-ils eux-mêmes ce qu'ils croyoient; et ils ne s'en expliquoient que confusément avec leurs meilleurs amis, loin d'avoir des Confessions de foi toutes formées, comme Perrin a voulu nous le faire accroire.

xxx Et néanmoins nous reconnoissons méme dans ces pièces de

Que les

"ids Perrin quelque trace de l'ancien génie vaudois, qui confirme ce

dressan

een. que nous en avons dit. Par exemple dans le livre de l'Antechrist,

fession de

rien. 1l est dit « que les empereurs et les rois, estimant que l'Antechrist

niste, on!

rs estoit semblable à la vraye et sainte mère Eglise, l'ont aimé et que

chose des l'ont doté contre le commandement de Dieu ?; » ce qui revient à

dogmes

v:)^ l'opinion vaudoise, de croire défendu aux cleres d'avoir aucun apis bien : erreur, comme on a vu, qui fit le premier fondement de leur séparation. Ce qui est porté dans le catéchisme, qu'on reconnoit les ministres «par le vray sens de la foy , et par la saine doctrine et par la vie de bon exemple, etc. *, » revient encore à l'erreur qui faisoit croire aux vaudois que les ministres de mauvaise vie étoient déchus du ministère, et perdoient l'administration des sacremens. C'est pourquoi il est dit encore dans le livre de l'Antechrist, qu'une de ses ceuvres est « d'attribuér la réformation du Saint-Esprit à la foy morte extérieurement, et de baptiser les en-

1 Rud., tbid., 447, 148.— ? Hist. des Vaud., MI* part., liv, UE, chap. 1, p. 292. — 5 [bid., IIIe part., liv. 1, p. 157.

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