‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 308 sur 387 · LIVRE XI, N. CXCI-CXQGLT · texte numérisé non relu

LIVRE XI, N. CXCI-CXQGLT

Je voudrois encore qu'on leur demandát où ils trouvent dans l'Eeriture ce qu'ils disent de la sainte Vierge, « qu'elle est vierge devant l'enfantement et aprés l'enfantement !. » Il est vrai que les saints Pères l'ont tellement ‘cru, qu'ils ont rejeté le contraire comme un blasphème exécrable : mais c'est aussi ce qui nous fait voir qu'on peut compter parmi les blasphémes beaucoup de choses dont le contraire n'est écrit nulle part, de sorte que, lorsqu'on se vante de ne parler qu'aprés l'Ecriture, ce n'est pas un discours sérieux, mais c'est qu'on trouve bon de parler ainsi, et que ce respect apparent pour l'Ecriture éblouit les simples.

On prétend que ces fréres bohémiens dont les paroles étoient si douces et si respectueuses envers les puissances, à mesure qu'ils s'engageoient dans les sentimens des luthériens, entrèrent aussi dans leurs intrigues et dans leurs guerres. Ferdinand les trouva mélés dans la rébellion de l'électeur de Saxe contre Charles V, et les chassa de Bohême. Ils se réfugièrent en Pologne; et il paroit par une lettre de Musculus aux protestans de Pologne, de 1556, qu'il n'y avoit que peu d'années qu'on avoit recu dans « ce royaume-là ces réfugiés de Bohème ?. » :

Quelque temps aprés on fit l'union des trois sectes des protestans de Pologne, c'est-à-dire des luthériens, des bohémiens et des zuingliens. L'acte d'union fut passé en 1570 au synode de Sendo-

. . . . , . e mir, et il est intitulé en cette sorte : « L'union et consentement

mutuel fait entre les églises de Pologne, à savoir entre ceux de la Confession d'Augsbourg, ceux de la Confession des fréres de Bohéme et ceux de la Confession des églises helvétiques?, » ou des zuingliens. Dans cet acte les bohémiens se qualifient Zes Fréres de Bohème, que les ignorans appellent Vaudois*. Il paroit donc ' clairement qu'il s'agissoit de ces vaudois, qu'on nommoit ainsi par erreur, comme nous l'avons fait voir, et qui aussi désavouoient cette origine. Car pour ce qui est des anciens vaudois, nous apprenons d'un ancien auteur qu'il n'y en avoit presque point « dans le royaume de Cracovie, » c'est-à-dire dans la Pologne, «non plus que dans l'Angleterre, dans les Pays-Bas, en

1 Orat. Enc., ap. Lyd., p. 30, art. 17, p. 201. — ? Syntag. Gen., IL part., p. 212. — ? Ibid., p. 218. — * Ibid., p. 219,

La perpé luelle vir ginilé de

Marie, Mère de Dieu.

CXCIH.

Is se réfugient en Pologne.

CXCHIL,

E , dans l'assemblée de Sendoinir.

Termes de l'accord de Sendomir.

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