LIVRE XII
Depuis 1571 jusqu'à 1579, et depuis 1603 jusqu'à 1615.
SOMMAIRE
En France même les églises de la Réforme troublées du mot de substance. Il est maintenu comme établi selon la parole de Dieu dans un synode, et dans l’autre réduit à rien en faveur des Suisses, qui se fáchoient de la décision. Foi pour la France, et foi pour la Suisse. Assemblée de Francfort, et projet de nouvelle confession de foi pour tout le second parli des protestans; ce qu'on y vouloit supprimer en faveur des luthériens. Détestation de la présence réelle, établie et supprimée en même temps. L'affaire de Piscator, et décision : doctrinale de quatre synodes nationaux réduite à rien. Principes des calvinistes, et démonstrations qu'on en tire en notre faveur. Propositions de Dumoulin recues au synode d'Ay. Rien de solide ni de sérieux dans la Réforme.
L'union de Sendomir n'eut son effet qu'en Pologne. En Suisse
e les zuingliens demeurèrent fermes à rejeter les équivoques. Déjà
les François commencoient à entrer dans leurs sentimens. Plusieurs soutenoient ouvertement qu'il falloit rejeter le mot de substance , et changer l'article xxxv1i de la Confession de foi présentée à Charles IX, où la Cène étoit expliquée. Ce n’étoit pas des particuliers qui faisoient cette dangereuse proposition, mais les églises entières, et encore les principales églises, celles de l'Isle de France et de Brie, celle de Paris, celle de Meaux , où l'exercice du calvinisme avoit commencé, et les voisines. Ces églises vouloient changer un article si considérable de la confession de foi que dix ans auparavant on avoit donnée comme n’enseignant autre chose que la pure parole de Dieu : c'eüt été trop décrier le nouveau parti. Le synode de la Rochelle , où Bèze fut président, résolut de condamner ces réformateurs de la Réforme en 41571.
C'étoit le cas de parler précisément. La contestation étant émue et les parties étant présentes, il n'y avoit qu'à trancher en peu de mots : mais ce n'est que les idées nettes qui produisent la brièveté. Voici donc de mot à mot comme on parla; et je demande seulement qu'il me soit permis de diviser le décret en plusieurs parties, et de le réciter comme à trois reprises.