VIT
La division parmi les prétendus évangéliques: Carlostad at-
taque Luther et la réalité.
mon corps, » Jésus-Christ, sans aucun égard à ce qu'il donnoit , vouloit seulement se montrer lui-méme assis à table comme il étoit avec ses disciples ! : imagination si ridicule, qu'on a peine à croire qu'elle ait pu entrer dans l'esprit d'un homme.
vim Avant qu'il eüt enfanté cette interprétation monstrueuse , il y at avoit déjà eu de grands démélés entre lui et Luther. Car en 1521, ue durant que Luther étoit caché par la crainte de Charles V qui l'aes voit mis au ban de l'empire, Carlostad avoit renversé les images,
gueil de
rue, Oté lélévation du Saint-Sacrement et même les messes basses, et
'"?^ rétabli la communion sous les deux espèces dans l'église de Vi-
tenberg, où avoit commencé le luthéranisme. Luther n'improu-
voit pas tant ces changemens qu'il les trouvoit faits à contre-
temps, et d'ailleurs peu nécessaires. Mais ce qui le piqua au vif,
comme ille témoigne assez dans une lettre qu'il écrivit sur ce
sujet, c'est que Carlostad avoit « méprisé son autorité, et avoit
voulu s'ériger en nouveau docteur ?. » Les sermons qu'il fit à
cette occasion sont remarquables : car sans y nommer Carlostad ,.
il reprochoit aux auteurs de ces entreprises qu'ils avoient agi
sans mission, comme si la sienne eüt été bien mieux établie. « Je
les défendrois, disoit-il, aisément devant le Pape, mais je ne sais
comment les justifier devant le diable, lorsque ce mauvais esprit,
à l'heure de la mort leur opposera ces paroles de l'Eeriture :
« Toute plante que mon Père n'aura pas plantée sera déracinée : ».
Et encore : « Ils couroient , et ce n'étoit pas moi qui les envoyois. »
Que répondront-ils alors? [ls seront précipités dans les enfers ?. »
IX. Voilà ce que dit Luther pendant qu’il étoit encore caché. Mais
rt au sortir de Patmos (c'est ainsi qu'il appeloit sa retraite), il fit en dépit de
ana Dien un autre sermon dans l'église de Vitenberg. Là il entreprit ea de prouver qu'il ne falloit pas employer les mains, mais la parole, voient, il
menace de toute seule à réformer les abus. « C'est la parole, disoit-il, qui wa pendant que je dormois tranquillement, et que je buvois ma rétablir la
we: bière avec mon cher Mélanchthon et avec Amsdorf, a tellement,
son extra- *
"nns ébranlé la Papauté , que jamais prince ni empereur n’en a fait
1 Zuing., ep. ad Matt. Alber.; 1d., lib. De ver. et fals. relig. Hospin., Il part., fol. 132. — ? Ep. Luth. ad Gasp. Gustol., 1522. — 3 Serm. : Quid Christiano praestandum, tom. VII, fol. 273.