‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 65 sur 387 · Sess. VI, cap. III, VII · texte numérisé non relu

Sess. VI, cap. III, VII

Comment les mérites de Jésus- Christ sont à nous : et comment ils nous sont impu- Es.

Justification, régénération, sanctificalion, renouvellement :

comment C'est au fond la méme grace,

d' Augsbourg. Les luthériens d'à présent conviennent eux-mêmes que ces choses sont confondues par Luther et par Mélanchthon !, et cela dans l'Apologie, un ouvrage si authentique de tout le parti. En effet Luther définit ainsi la foi justifiante : « La vraie foi est l'œuvre de Dieu en nous, par laquelle nous sommes renouvelés et nous renaissons de Dieu et du Saint-Esprit. Et cette foi est la véritable justice , que saint Paul appelle la justice de Dieu et que Dieu approuve?. » C'est donc par elle que nous sommes justifiés et régénérés tout ensemble, et puisque le Saint-Esprit, c'est-àdire Dieu même agissant en nous, intervient dans cet ouvrage, ce n'est pas une imputation hors de nous , comme le veulent à présent les protestans , mais un ouvrage en nous.

Et pour ce qui est de l'Apologie, Mélanchthon y répéte à toutes les pages ?, «que la foi nous justifie et nous régénére, et nous apporte le Saint-Esprit. » Et un peu aprés : « Qu'elle régénère les cœurs, et qu'elle enfante la vie nouvelle. » Et encore plus clairement : « Etre justifié, c'est d'injuste être fait juste ; et être régénéré , c'est aussi étre déclaré et réputé juste : » ce qui montre que ces deux choses concourent ensemble. On ne voit aucun vestige du contraire dans la Confession d' Augsbourg ; et il n'y a personne qui ne voie combien ces idées qu'avoient alors les luthériens, reviennent aux nôtres.

xxv. Il semble qu'ils s'en éloignent davantage sur les œuvres satis- — sueur factoires et sur les austérités de la vie religieuse ; car ils les rews dns jettent souvent comme contraires à la doctrine de la justification emo. gratuite. Mais au fond ils ne les condamnent pas si sévèrement “és pui qu'on le pourroit croire d'abord : car non-seulement saint Antoine TT et les moines des premiers siècles, gens d’une si terrible austérité,

mais encore dans les derniers temps, saint Bernard , saint Dominique et saint Francois sont comptés dans l'Apologie parmi les saints Pères. Leur genre de vie, loin d’être blàmé, est jugé digne des saints, « à cause, dit-on, qu'il ne lesa pas empéchés de se croire justifiés par la foi pour l'amour de Jésus-Christ*. » Sentiment bien

1 Solid. repet., Conc., p. 686; Epit. artic., Conc., p. 185. — Pref, in Epist. ad Rom., tom. V, fol. 97, 98. — ? Cap. de Justif., Conc., p. 68, 71-14, 82, cap. de Dilect., p. 83, etc. — * Apol., Resp. ad Arg., p. 99; de Vot, monast., p. 281.

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