‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 7 sur 387 · PRÉFACE, N. XIV · texte numérisé non relu

PRÉFACE, N. XIV

avoit indiqué à Mantoue : les articles furent souscrits par tout le parti, et se trouvent insérés dans le livre que les luthériens appellent Concorde :.

Cette explication ne satisfit pas tellement, qu'il ne fallüt encore dresser la confession que l'on appelle Saxonique. qui fut présentée au concile de Trente en l'an 1551, et celle de Virtenberg, qui fut aussi présentée au méme concile en 1552.

A tout cela il faut joindre les explications de l'église de Vitenberg, où la Réforme avoit pris naissance, et les autres que cette histoire fera paroitre en leur rang, principalement celle du livre de la Concorde dans l'abrégé des articles, et encore dans le méme livre les explications répétées ?, qui sont tout autant de confessions de foi publiées authentiquement dans le parti , embrassées par des églises, combattues par d'autres dans des points trèsimportans; et ces églises ne laissent pas de faire semblant de composer un seul corps, à cause que par politique elles dissimulent leurs dissensions sur l'ubiquité et sur les autres matières.

L'autre parti des protestans n'a pas été moins fécond en confessions de foi. En méme temps quecelle d'Augsbourg fut présentée à Charles V, ceux qui he voulurent pas en convenir lui présentèrent la leur, qui fut publiée sous le nom de quatre villes de l'Empire, dont celle de Strasbourg étoit la première. :

Elle satisfit si peu les défenseurs du sens figuré, que chacun voulut faire la sienne : nous en verrons quatre ou cinq dela facon des Suisses. Mais siles ministres zuingliens avoient leurs pensées, les autres avoient aussi les leurs; et c'est ce qui a produit la confession de France et de Genéve. On voit à peu prés dans le méme temps deux confessions de foi sous le nom de l'Eglise anglicane , et autant sous le nom des églises d'Ecosse. L'Electeur Palatin Fridérie HII voulut faire la sienne en particulier, et celle-ci a trouvé sa place avec les autres dans le recueil de Genève. Ceux des Pays-Bas ne se sont tenus à pas une de celles qu'on avoit faites devant eux , et nous avons une confession de foi belgique approuvée au synode de Dordrecht. Pourquoi les calvinistes polonois n'auroient-ils pas eu la leur ? En effet, encore qu'ils eussent

1 Concord., p. 298, 130. — ? Concord., p. 510, 7118.

Confessions de foi des défenseurs du sens figuré ou du second parti des protestans.

souscrit la dernière confession des zuingliens, on voit qu'ils ne

laissent pas d’en publier encore une autre au synode de Czenger :

outre cela s'étant assemblés avec les vaudois etles luthériens à Sen-

Lj domir, ils convinrent d'une nouvelle maniere d'expliquer l'article

de l'Eucharistie, sans qu'aucun d'eux se départit de ses sentimens.

xv. Je ne parle pas de la confession de foi des Bohémiens, qui vou-

taie olent contenter les deux partis de la nouvelle Réforme. Je ne

ow ce parle pas des traités d'accord qui furent faits entre les églises avec

woo tant de variétés et tant d'équivoques : ils paroitront en leur lieu

"iic avec les décisions des synodes nationaux , et d'autres confessions

teme. de foi faites en différentes conjonetures. Est-il possible , Óó grand

Dieu! que sur les mêmes matières et sur les mêmes questions on

ait eu besoin de tant d'actes multipliés, de tant de décisions et de

confessions de foi si différentes! Encore ne puis-je pas me vanter

de les savoir toutes, et j'en sais que je n'ai pu trouver. L'Eglise

catholique n'en eut jamais qu'une à opposer à chaque hérésie :

mais les églises de la nouvelle Réforme, qui en ont produit un si

grand nombre, chose étrange, et néanmoins véritable ! n'en sont

pas encore contentes ; et on verra dans cette histoire qu'il n'a pas

tenu à nos calvinistes qu'ils n'en aient fait de nouvelles, qui aient supprimé ou réformé toutes les autres.

On est étonné de ces variations. On le sera beaucoup davantage quand on verra le détail et la manière dont des actes si authentiques ont été dressés. On s'est joué, je le dis sans exagérer, du nom de confession de foi, et rien n'a été moins sérieux dans la nouvelle Réforme que ce qu'il y a de plus sérieux dans la religion.

d Cette prodigieuse multitude de confessions de foi a effrayé ceux . uns anten Ui les ont faites; on verra les pitoyables raisons par lesquelles ils tant de ont tàché de s'en excuser : mais je ne puis m'empécher ici de un rapporter celles qui sont proposées dans la préface du recueil de textes dont Genéve !, parce qu'elles sont générales, et regardent également ché de se toutes les églises qui se disent réformées. Jo" La premiére raison qu'on allégue pour établir la nécessité de multiplier ces confessions, c'est que plusieurs articles de foi ayant été attaqués, il a fallu opposer plusieurs confessions à ce grand

1 Synt. Conf., Prof.

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