PRÉFACE, N. XX-XXI
stant et utile à faire entendre les variations dont j'écris l'histoire.
Pour ce qui regarde les actes publies des protestans, outre leurs confessions de foi et leurs catéchismes, qui sont entre les mains de tout le monde, j'en ai trouvé quelques-uns dans le recueil de Genève; d'autres dans le livre appelé Concorde, imprimé par les luthériens en 1654; d'autres dans le résultat des synodes nationaux de nos prétendus réformés, que j'ai vus en forme authentique dans la bibliothèque du Boi; d'autres dans l'Histoire Sacramentuire, imprimée à Zurich en 1602, par Hospinien , auteur zuinglien; ou enfin dans d'autres auteurs protestans : en un mot je ne dirai rien qui ne soit authentique et incontestable. Au reste, pour le fond des choses, on sait bien de quel avis je suis : car assurément je suis catholique aussi soumis qu'aucun autre aux décisions de l'Eglise, et tellement disposé que personne ne craint davantage de préférer son sentiment particulier au sentiment universel. Aprés cela d'aller faire le neutre et l'indifférent à cause que j'écris une histoire, ou de dissimuler ce que je suis quand tout le monde le sait et que j'en fais gloire, ce seroit faire au lecteur une illusion trop grossiére : mais avec cet aveu sincére , je maintiens aux protestans qu'ils ne peuvent me refuser leur croyance, et qu'ils ne liront jamais nulle histoire , quelle qu'elle soit, plus indubitable que celle-ci, puisque dans ce que j'ai à dire contre leurs églises et leurs auteurs, je n'en raconterai rien qui ne soit prouvé clairement par leurs propres témoignages.
Je n'ai pas épargné ma peine à les transcrire, et le lecteur se plaindra peut-être que je n’aie pas assez ménagé la sienne. D'autres trouveront mauvais que je me sois quelquefois attaché à des choses qui leur paroitront méprisables : mais outre que ceux qui sont accoutumés à traiter les matières de la religion, savent bien que dans un sujet de cette importance et de cette délicatesse, presque tout, jusqu'aux moindres mots, est essentiel, il à fallu considérer, non ce que les choses sont en elles-mémes , mais ce qu'elles ont été, ou sont encore dans l'esprit de ceux à qui j'ai affaire; et aprés tout on verra bien que cette histoire est d'un genre tout particulier; qu'elle a dà paroitre avec toutes ses preuves, et munie pour ainsi dire de tous côtés; et qu'il a fallu
XXe Pièces de cette Histoire, d’où
tirées.
Pourquoi
il n'ya point d'histoire plus certaine ni plus authentique que celle-
Quelques objections qu'on peut faire contre cel ou-
rage.
hasarder de la rendre moins divertissante , pour la rendre plus convaincante et plus utile.
xxt. Quoique mon dessein me renferme dans l'histoire des protes-
Quil ya
às choses tans, j'ai eru en certains endroits devoir remonter plus haut‘; et
qu'il a
Hu re €'a été lorsqu'on a vu les vaudois et les hussites se réunir avee les
prendre de
pis haut, calvinistes et les luthériens. Il a donc fallu en ces endroits faire
comme
rer connoître l'origine et les sentimens de ces sectes, en montrer la
Ges vau- E A , À
s descendance, les distinguer d'avec celles avec qui on a voulu les o 01S , , * L LA * LI
Es confondre , découvrir le manichéisme de Pierre de Bruis et des iclef, e : ; . .
?Jen albigeois, et montrer comment les vaudois sont sortis d'eux (4) ;
"raconter les impiétés et les blasphémes de Viclef, dont Jean Hus et ses disciples ont pris naissance; en un mot révéler la honte de tous ces sectaires à ceux qui se glorifient de les avoir pour prédécesseurs.
ww. — Quant à la méthode de cet ouvrage, on y verra marcher les
Pourquoi ., VI de , 1 en mit disputes et les décisions dans l'ordre qu'elles ont paru, sans disordre des
tmp: ss tinction des matières , parce que les temps mêmes m'invitoient à
disline-
ic ds suivre cet ordre. Il est certain que par ce moyen les variations malières,
des protestans et l’état de leurs églises sera mieux marqué. On verra aussi plus clairement, en mettant ensemble sous les yeux les circonstances des lieux et des temps, ce qui pourra servir à la conviction ou à la défense de ceux dont il s'agit.
xwv. — I n’y a qu'une controverse dont je fais l'histoire à part, et c’est
Toule la $ H uds celle qui regarde l'Eglise ?; matière si importante et qui seule
BHO . SACO * E gs.
wtécen pourroit emporter la décision de tout le procès, si elle n'étoit
a: aussi embrouillée dans les écrits des protestans qu'elle est claire «te t- et intelligible en elle-même. Pour lui rendre sa netteté et sa sim-
mte, et plicité naturelle, j'ai recueilli dans le dernier livre tout ce que j'ai
en quels
termeselle eu à raconter sur cette matière, afin qu'ayant une fois bien envi-
pr sn sagé la difficulté, le lecteur puisse apercevoir pourquoi les noubuc velles églises se sont senties obligées à tourner successivement de tant de cótés ce qui dans le fond ne pouvoit jamais avoir (b) qu'une méme face. Car enfin tout se réduit à montrer oü étoit
l'Eglise avant la Réforme : naturellement on la doit faire visible
1 Liv. XI. — 8 Liv. XV.
(a) 1re édit. : En sont sortis. — (2) 1re édit, : Ne pouvoit avoir.