‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 115 sur 403 · PARTIE III, N. CHI, CIV · texte numérisé non relu

PARTIE III, N. CHI, CIV

celui des tolérans l'emportera. Il leur sera du moins permis de en droit de suivre en cette matière les sentimens du clergé protestant des: masis- H . » GU LS . - s trals soient Provinces-Unies : il leur sera, dis-je, permis de le suivre, puisque + o t t de la reli-

M. Jurieu , de peur de le condamner, fait semblant, comme on ion, et A 5 s : M. Jarieu vient de voir, de ne pas entrer dans cette question. Il passe encore es auo-

plus avant en un autre endroit oü il déclare « qu'en bonne jus- Bol pei tice l'Eglise devroit être maistresse de ses censures et de la tolérance ecclésiastique, et l'Etat aussi maistre de ses peines, et de la tolérance civile’. » Voilà donc par son sentiment les deux puissances établies maîtresses chacune dans son détroit, selon que nous avons vu qu'il avoit été décidé par les synodes ; et les décisions des magistrats, en matière de foi, n’ont point de lieu.

Mais enfin le ministre en a besoin: tout ce qu'il dit au con- cm.

Le même

traire n'est que feinte ; et il sent bien dans le fond qu'il ne peut se site

leur ferme

passer d'autorité. Au reste il n'y a point de raisonnement à lui x bouche opposer. Les Etats ont décidé que c’est à eux à juger les points de 5n a. foi. Nous en avons vu le décret exprès rapporté par ce ministre. Prime Nous avons vu que ce décret reconnoît le méme droit dans tous "^ les Etats protestans ; et si un seul décret ne suffit pas, le ministre en a une infinité à nous produire. En un mot, « tous les décrets d'union entre les provinces, comme est celui d'Utrecht, portant expressément que chaque province demeurera maistresse de la religion, pour la régler et l'établir selon qu'elle jugera à propos ?, » pouvoit- on assujettir en termes plus forts la religion à l'Etat : et quelle réplique reste-t-il aux tolérans ?

C'est ainsi que les deux partis ne se laissent mutuellement au- cw.

Conelu-

cune défense. Les tolérans se soutiennent par les maximes cons- son : que tantes de la Réforme : les intolérans s'autorisent par des faits qui jus »»ne sont pas moins incontestables : chaque parti l'emporte tour à shine tour. La Réforme a fait tout le contraire de ce qu'elle s'étoit pro- sut dune posé : elle se vantoit de persuader les hommes par l'évidence de EA la vérité et de la parole de Dieu, sans aucun mélange d'autorité humaine : e'étoitlà sa maxime : mais dans le fait elle n’a pu ni s'établir ni se soutenir sans cette autorité qu'elle venoit de détruire ; et l'autorité ecclésiastique ayant chez elle de trop débiles

1 Tab., lett. v1, p. 428. — ? Ibid. p. 481.

fondemens, elle a senti qu'elle ne pouvoit se fixer que par l'autorité des prinees : en sorte que la religion, comme un ouvrage purement humain, n'ait plus de force que par eux, et qu'à dire vrai, elle ne soit plus qu'une politique. Ainsi la Réforme n'a point de principes, et par sa propre constitution elle est livrée à une éternelle instabilité.

cv. C'est ce qui paroit clairement dans tout le parti de quelque côté

"indiffé- . "por .

we de qu'on le regarde : l'indifférence gagne partout, et les Francois

religions

dans rai- réfugiés en Allemagne dans les Etats de M. l'électeur de. Brande-

wise bourg y trouvent autant cet esprit que nous l'avons vu en Ande Sumo gleterre et en Hollande. Je ne l'aurois pas voulu assurer, quelques “re rapports qu'on m'en eût faits de divers endroits, si je n'avois soneisr VU moi-méme ce qu'on enseigne hautement dans l'académie de Ave Franefort-sur-l'Oder. Mais on y débite publiquement un petit mure écrit que le docteur Samuel Strimésius, un des professeurs en cle. théologie de cette académie, met à la tête des thèses de théologie de Conrad Bergius, autrefois professeur en théologie de la même université, pour y servir de préface ‘. Ce docteur y propose sans facon la réunion, non-seulement « en particulier de tous les protestans les uns avecles autres, mais encore plus universellement de tous ceux qui sont baptisez, en soumettant à l'examen de l'Ecriture tous les symboles ?, c'est-à-dire toutes les professions de foi, « tous les décrets des conciles cecuméniques quelque vénérables qu'ils soient par leur antiquité , par le consentement de la multitude, par une plus docte et plus exacte explication des dogmes, et par leur zèle singulier contre la fureur des hérétiques, » et en se tenant simplement aux paroles de l'Ecríture ?, dont on sait bien que les chrétiens conviendront toujours, sans rien exiger de plus.

C'est ce qu'il déduit clairement des principes de la Réforme en cette sorte. Il pose d'abord pour fondement avec tous les protestans « la clarté et l'intelligibilité de l'Ecriture si parfaite, qu'avec la grace de Dieu commune à tous, et sans aucune explication ajoustée au texte , soit publique, soit particuliére, tout homme y

. Conradi Bergii, Themata theologica, 8 2, p. 13.— ? Ibid., 84, p. 8. — 3 Ibid., p. 9.

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