‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 145 sur 403 · PARTIE I, N. II · texte numérisé non relu

PARTIE I, N. II

- Voilà ce que nous trouvons sur la communion des malades dans la tradition de tous les siècles. Si quelques-unes des pratiques que j'ai observées sur le respect qu'on avoit pour l'Eucharistie étonnent nos réformés, et leur paroissent nouvelles, je m'engage à leur montrer bientót en peu de mots, car la chose n'est pas difficile, que le fond en est ancien dans l'Eglise, ou plutót qu'il n'y a jamais commencé. Mais à présent, pour ne point sortir de notre matière , il me suffit de leur faire voir, en comparant seulement les observances des premiers et des derniers siècles, une continuelle tradition de communier ordinairement les malades sous la seule espèce du pain; quoique l'Eglise toujours bonne à ses enfans, si elle eüt cru les deux espéces nécessaires, les auroit plutót fait eonsacrer extraordinairement dans la chambre du malade, comme on l'a en effet souvent pratiqué !, que de les priver de ce secours : au contraire, elle l'eüt donné d'autant plus volon- - tiers aux moribonds qu'ils avoient à soutenir un plus grand combat, et qu'au moment de leur départ ils avoient le plus de besoin deleur Viatique.

Au reste je ne crois pas que Messieurs de la religion prétendue réformée veuillent ici nous inquiéter sur l'altération des espèces,

dont nous aurons souvent à parler dans ce discours. Les chicanes : dont ils remplissent leurs livres sur ce point ne regardent pas notre question , mais celle de la présence réelle : d’où méme, à parler de bonne foi, elles devroient être retranchées il y a longtemps; étant clair, comme je l'ai déjà remarqué, que le Fils de Dieu, qui ne vouloit faire dans ce mystére aucun miracle sensible, n'a pas dà se laisser forcer à découvrir, par quelque rencontre que ce fût, ce qu'il vouloit expressément cacher à nos sens, ni par conséquent rien changer dans ce qui arrive ordinairement à la matière dont il lui a plu de se servir pour laisser son corps et son sang à ses fidèles.

Il n’y a personne de bon sens, qui avec un peu de réflexion ne düt entrer de Iui-méme dans cette pensée, et en méme temps demeurer d'accord que ces indécences prétendues qu'on fait tant valoir contre nous, ne sont bonnes qu'à émouvoir le sens humain;

1 Cap. Ahytonis Basil., ep. temp. Car. Mag., cap. xtv, tom. VI Spicilii

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