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Ie coutume. La communion des petits enfans.
mais qu'au foud elles sont trop au-dessous de la majesté de Jésus- Christ, pour arréter le cours de ses desseins et le désir qu'il a de s'unir à nous d'une facon particulière.
Il arrive si souvent dans ces matières, et surtout à nos réformés, de passer d'une question à une autre, que je me crois obligé de les renfermer dans notre question par cet avis. La méme raison m'oblige aussi à les prier de ne tirer pas avantage de l'expression de pain et de vin qui reviendra si souvent, puisqu'ils savent que méme en croyant, comme nous faisons, le changement de substance , il nous est autant permis de laisser aux choses changées leur premier nom, qu'il l'a été à Moïse d'appeler verge une verge devenue serpent ‘, ou d'appeler eau une eau devenue sang ?, ou d'appeler hommes des anges qui le paroissent ?, pour ne point ici alléguer saint Jean, qui appellele vin des noces de Cana de l'eau faite vin *. Il est naturel aux hommes, pour faciliter le discours, d'abréger les phrases et de parler selon les apparences, sans qu'on se puisse prévaloir de ces maniéres de parler; et je ne crois pas que personne voulüt objecter à un philosophe, défenseur du mouvement de la terre, qu'il renverse son hypothèse quand il dit que le soleil se léve ou se couche.
Après cette légère interruption, où le désir de procéder nettement m'a engagé, je retourne à ma matière et aux faits que j'ai promis d'expliquer, pour montrer dans l'antiquité la communion sous une espèce.
Le second fait que j'avance est que , lorsqu'on donnoit la communion aux petits enfans baptisés , on ne leur donnoit dans les premiers temps, et même ordinairement dans tous les siècles suivans, que la seule espéce du vin. Saint Cyprien, qui a souffert le martyre au troisiéme siécle, autorise cette pratique dans son traité de Lapsis*. Ce grand homme nous y représente avec une gravité digne de lui, ce qui étoit arrivé dans l'Eglise, et en sa présence, à une petite fille à qui on avoit fait prendre quelque parcelle trempée du pain offert aux idoles. Sa mère, qui n'en savoit rien, ne laissa pas de la porter selon la coutume dans l'as-
t Exod., vit, 19. — ? [bid., 24, 24. — 3 Genes., XVI, 2, 16. — * Joan., WM, 9. — 5 Cypr., tract. de Lapsis., p. 189.