‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 19 sur 403 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

Suite des blasphèmes du ministre, et qu’il fait la Trinité véritablement informe en toutes facons.

um Ce n'est pas non plus une conséquence, mais un dogme exprès EE de M. Jurieu, de dire « qu'au troisiéme siécle, » et bien avant séimtr- « dans le quatriéme, la Trinité estoit encore informe, » et que les “emme. Personnes divines y passoient véritablement pour inégales. C'est "wa sar cela qu'il me reproche de m'être emporté à des« invectives , des Hs a. déclamations , des exclamations et des pauvretez qui font honte à ps 2 la raison humaine !, » Mais ici comme dans le reste , vous allez exe ae voir que plus il s'échauffe, plus visiblement ila tort. « Lévesque l'aime, de Meaux se récrie, continue-t-il, sur ce que j'ay dit que ce mystére demeura informe jusqu'au premier concile de Nicée, et

méme jusqu'à celui de Constantinople. Mais, ajoute-t-il, un enfant

auroit entendu cela, et tout le monde comprend que tout cela signifie que l'explication du mystére de la Trinité et de l’Incarna-

tion demeura imparfaite et informe jusqu'au concile de Constantinople. » C'est aussi ce que j'entendois, et je suis content de cet

aveu. Il poursuit : « Car pour le mystére en soy-mesme , ou tel

qu'il est dans l'Ecriture sainte, ila toujours esté tel qu'il doit estre

et dans sa perfection. » Vous le voyez, mes chers Fréres; ce doc-

teur fait semblant de croire qu'on lui objecte que la Trinité ne fut formée qu'au concile de Constantinople, et que ce concile y a mis

la dernière main. Mais pour me servir de ses paroles, «un enfant » verroit que c’est de la foi de la Trinité que je lui parle : c’est cette

foi que je lui reproche de laisser informe jusqu’au concile de Constantinople ; et il demeure d'aecord qu'elle l'étoit. « L'expli-

cation de la Trinité estoit, dit-il, imparfaite et informe » jusqu'à

ce temps. On n’y eonnoissoit rien, on n'y voyoit rien ; car c'est ce

que veut dire informe : imparfait ne vaut pas mieux, car la foi

est toujours parfaite dans l'Eglise. Ce n'est pas assez de dire avec

1 Tabl., lett. vr, p. 264, 282.

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