PARTIE I, CHAPITRE II
dont les pères n’ont recu que de nous le saint baptême. Les voilà donc encore une fois réduits à n’avoir aucune certitude de leur baptême, que sur la foi de la tradition et sur le fondement de l'autorité de l'Eglise.
Mais avant que de sortir de cette matière du baptême, voyons encore ce qu'on répondra sur cette difficulté proposée dans le Traité de la Communion: : D'oà vient que « le Fils de Dieu n'ayant donné la charge d'administrerle baptéme qu'aux apótres, c’est-à-dire aux chefs du troupeau, toute l'Eglise a entendu nonseulement que les prêtres, mais encore les diacres et méme tous les fidèles en cas de nécessité, étoient tous les ministres de ce sacrement ? » Se trouvera-t-il ici quelque passage de l'Ecriture qui leur ait donné ce pouvoir? Il ne s'en trouvera aucun. C'est pourquoi M. de laRoque décide sans hésiter « que les ministres du sacrement de baptéme sont les seuls ministres de la parole, Jésus-Christ ayant joint ces deux fonctions : instruisez les nations en les baptisant ; » d’où il infère « que les laïques et les simples particuliers n'ont pas droit de baptiser, comme on l'assure ?. Il falloit ici distinguer le droit ordinaire d'avec le cas de nécessité, où tout le monde étoit réputé ministre légitime du baptéme. C'est aussi ce que nous avoue de bonne foi l'auteur de la seconde Réponse. « On demeure d'accord, dit-il, que pour conserver le bon ordre et éviter la confusion, c'est aux pasteurs à qui le peuple et l'église confie l'autorité du ministère, et celle d'administrer seuls les sacremens de Jésus-Christ ; car dans la nécessité tout fidéle jouit de ce méme droit?.» ll a raison pour le baptéme ; la tradition l'a décidé sans aucune autorité de l'Eeriture, et je puis dire à cet égard que la tradition est constante.
Ges remarques sur le baptéme nous font voir dans un cas semblable ce qu'il faut croire de l'Eucharistie. Car si l'Eglise suffit pour nous donner notre sûreté touchant l'un de ces sacremens, elle n’est pas moins forte à l'égard de l'autre. Voilà ce que nous concluons de ces argumens tant méprisés par nos adversaires, qu'ils appellent des argumens de missionnaires, de vieux argumens, des argumens rebattus. Mais loin que ces reproches en
! Traité de la Communion, p. 318. — ? La Roque, p. 159. — ? Anonyme, p. 97.
affoiblissent la force, ils servent à faire voir qu'il n'ya pas moyen d'y résister, puisque tous les protestans , aprés avoir eu le loisir d'y bien songer depuis près d'un siècle qu'on les fait, ne savent encore qu'y répondre ; et n'y peuvent rien opposer de solide, ni méme s'accorder entre eux. :