‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 207 sur 403 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

Second. argument tiré de l'Eucharistie. Les protestans m'observent point dans la célébration de la Cène ce que Jésus-Christ a fait, et ils omettent plusieurs choses importantes.

Mais après avoir si mal répondu sur l'institution du baptême, ils vont encore répondre plus mal, et se déconcerter plus visiblement sur l'institution de l'Eucharistie. Le principe dont ils se servent est que ces paroles : Faites ceci ', nous obligent à tout ce que Jésus-Christ a fait : principe aussi T qu'il est ju SN comme on le va bientót voir de leur aveu propre.

Et premièrement M. Jurieu pousse la chose bien loin, quand il dit que ces paroles de Notre-Seigneur : Faites ceci, nous obligent à considérer « toutes les circonstances qu'il à observées comme étant de la dernière nécessité ?. » M. Jurieu se fortifie de l'exemple des saeremens de l'ancienne loi, oà les moindres circonstances étoient essentielles et indispensables. Ce ministre conclut de là qu'il en faut croire autant de l'Eucharistie; et'que lorsque le Sauveur dit: Faites ceci, c'est de méme que s’il disoit : « Désormais quand vous célébrerez ce sacrement, faites tout ce que je viens de faire. » En effet il faut pousser la chose jusque-là pour conclure quelque chose ; et la moindre exception que l'on voudroit opposer par son propre sens à une loi générale, en rendroit l'observance arbitraire. Voilà done apparemment un beau principe et d'une étendue bien générale ; mais les ministres vous vont faire voir qu'il y a beaucoup à en rabattre. Quand M. de la Roque a vu ce principe de M. Jurieu dans mon Traité de la Comqmunion, il a vu en méme temps qu'il le falloit restreindre. « Par

1 Luc., XXII, 19. — ? Exam. de l'Euch., traité vi, sect. V, p. 465, et sect. VI, p. 414.

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