‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 210 sur 403 · PARTIE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE III

noient un grand mystère et faisoient partie de la signification mystique, qu'il a laissées néanmoins à la disposition de l'Eglise. Par quelle régle nos réformés nous feront-ils voir que la distribulion du sacré calice n'est pas de ce nombre? Tout ce que Jésus- Christ a fait n'étoit-il pas important ? Où voient-ils dans la parole de Dieu que parmi les choses commandées dans cette occasion, il y en ait de moins nécessaires les unes que les autres? Et quelles excuses trouveront-ils, s'ils ne reconnoissent avec nous que Jésus- Christ les a renvoyés à l'autorité de l'Eglise, pour faire le discermement de ce qui est essentiel à son sacrement d'avec ce qui ne l'est pas ?

Ils répondent que des circonstances, comme celles de rompre ou ne rompre pas, de communier d'un même pain et de boire de la méme coupe ou de plusieurs, visiblement ne sont pas de même importance que le retranchement que nous faisons d'une espèce toute entière, dans laquelle consiste un des traits les plus essentiels de la représentation du sang répandu, qui étoit la fin de ce mystère. Mais c’est ici raisonner; et au lieu de faire à la lettre ce que Jésus-Christ a dit, nous donner la liberté de l'interpréter à notre mode. Que s'il est permis de raisonner, ne voient-ils pas que nous leur dirons qu'il n'est pas vrai que nous retranchions une espèce : qu'elle demeure toute entière dans le sacrifice, et qu'elle y représente au peuple la séparation du corps et du sang : que le fidèle recevant ensuite le corps comme séparé mystiquement du sang, représente au fond le méme mystère que s'il recevoit de plus le sang comme mystiquement séparé du corps; de sorte qu'il participe à Jésus-Christ comme victime, qui est ce en quoi consiste le fond du mystère : que le reste par conséquent ne regarde qu'une plus parfaite représentation, qui n'est pas essentielle dans le sacrement, comme on en convient : enfin, ce qu'il y a de plus important, que l'autorité de l'Eglise et la tradition de tous les siècles, comme nousle ferons bientôt voir, nous montrent que c'est ainsi qu'il le faut entendre.

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