PARTIE I, CHAPITRE V
regarde tous les chrétiens, quelle loi a excepté les petits enfans, qui sans doute sont chrétiens étant baptisés? La comparaison du baptême augmente la difficulté. Si selon nos prétendus réformés, on ne doit pas refuser le signe de l'alliance aux enfans des fidèles qui en ont la chose, puisqu'ils sont incorporés à Jésus-Christ par leur baptéme , par la méme raison on ne pourra pas leur refuser le signe de leur incorporation, qui est le sacrement de l'Eueharistie. On peut voir ce raisonnement proposé dans le Traité de la Communion ‘. M. dela Roque répond « que les enfans ne sont pas, à cause de leur bas âge, capables de l'épreuve que saint Paul ordonne ?, » et qu'il n'en est pas comme du baptéme qui ne demande point cet examen. Maisil ne dit pas un mot à ce que je lui objecte, que saiut Paul n’a pas dit plus expressément qu'on s’éprouve et qu'onmange, que Jésus-Christ avoit dit : « Enseignez et baptisez. Qui croira et sera baptisé. Faites pénitence et recevez le baptéme. » Et si ce ministre avec le Catéchisme de la nouvelle Réforme, interprète que cela doit être entendu de ceux qui sont capables d'instruction et de pénitence , pourquoi n'en dira-t-on pas autant de l'épreuve tant recommandée par l'Apótre? L'auteur de la seconde Réponse, en multipliant les paroles, ne fait que s'embarrasser davantage. « Jésus-Christ, dit-il, n'a fait des lois que pour ceux qui les entendent *. » Mais cela ne regarde pas moins le baptéme que l'Eucharistie. Il nous demande à son tour : « Les enfans sontils capables de savoir ce que c'est que de s'éprouver et de manger dignement le corps de Jésus-Christ ? Savent-ils seulement bien ce que c'est que de célébrer la mémoire de la mort de Jésus-Christ et d'en embrasser le mérite par une vive foi? » On lui demandera de méme si les enfans savent bien ce que c'est que d'étre ensevelis avec Jésus-Christ, et lavés de son sang dans le baptéme; et il ne peut trouver aucune raison dans l'Ecriture pour lés rendre capables du baptéme, qu'en méme temps elle ne les rende capables de l'Eucharistie, ce que néanmoins ces Messieurs rejettent.
Combien est saine en ce point et combien solide la doctrine de l'Eglise catholique, on le peut voir dans le Traité de la Commu-
1 Traité de la Commun., M part., n. 6 et 10. — ? La Roq., II part., chap. vt, p. 300; chap. Hi, p. 263. — 3 Anonyme, | part., chap. dern., p. 115.
nion ‘. Je ne crois pas être obligé d'entrer plus avant dans une matière qui n'est pas de mon sujet; et il me suffit d'avoir démontré à nos adversaires par des exemples convaincans ?, que le principe dont ils se servent est défectueux.