‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 216 sur 403 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La communion de ceux qui ne peuvent pas boire du vin : M. Jurieu abandonné, quoiqu'il soit le seul qui raisonne bien selon les principes communs des protestans. L'hydromel et ce qu'on mange au lieu de pain dans quelques pays, peuvent selon les protestans servir pour Ü Eucharistie.

Je suis fáché pour nos réformés qu'il faille encore leur opposer leurs synodes, et ce fameux article de leur Discipline, où ils permettent la communion avec le pain seul à ceux qui ne peuvent pas boire de vin. La bonne foi devroit déjà leur avoir fait avouer qu'ils n'ont rien ici de supportable à répondre. C'étoit d'abord une excuse assez vraisemblable de dire que la nécessité n'a pas de loi, et qu'on ne pouvoit obliger un homme à faire ce que la nature lui a rendu impossible. Mais aprés qu'on leur a fait remarquer que s'il étoit impossible à cet homme de boire du vin, il n'étoit pas impossible de ne lui donner en aucune sorte le sacrement de la Cene, ils n'ont plus eu à répondre qu'absurdités sur absurdités jusqu'à ce qu'enfin M. Jurieu est venu à cet excès inoui, de dire que ce qu'un homme recoit en ce cas « n'est pas le sacrement de Jésus-Christ, parce que ce sacrement est composé de deux parties et qu'il n'en reçoit qu'une ?. »

M. Jurieu a bien raisonné selon les principes de sa religion; et s'il lui est arrivé de tomber dans une plus visible absurdité, c'est la destinée commune de ceux qui raisonnent sur un faux principe. Plus ils poussent loin leur principe et plus iis en tirent des. conséquences légitimes , plus ils s'engagent dans l'absurdité , plus ils la rendent visible. M. Jurieu a supposé avec tous ceux de sa religion, que Jésus-Christ avoit établi

1 Traité de la Commun., | part., n. 3. — ? Traité de la Commun., I part., n. 10. — 9? Préserv., art. 13, p. 262 et suiv.; voy. Traité de la Commun., lY part., n. 3.

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