‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 221 sur 403 · PARTIE I; CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE I; CHAPITRE VI

siècles où elle a été observée dans les églises chrétiennes. Il ne falloit pas non plus rapporter, parmi les observances légales, une

observanee qui avoit précédé la loi, et qui avoit été donnée à tout le genre humain en la personne de Noé et de tous ses enfans. Ce ministre objecte beaucoup de passages où l'Ecriture nous permet en général toute sorte de viandes, et ne rougit pas de rapporter à propos de cette défense apostolique ce que saint Paul a prédit à propos des faux docteurs, « qui commanderoient de s'abstenir des viandes que Dieu a créées pour les fidèles !. » Peut-on avoir seulement pensé que ces paroles regardent ceux qui du temps de saint Paul et tant de siècles après, ont religieusement observé cette défense des apótres? Que sert au reste de nous produire ce qui est dit en général des viandes permises, puisqu'on sait que les choses générales ne dérogent pas aux particulières, et que ce sont plutôt les particulières qui exceptent des générales. Si donc nous demeurons libres à l'égard de ce précepte apostolique, rien ne nous peut assurer que l'autorité de l'Eglise ; elle seule par l'esprit dont

elle est pleine, nous apprend à discerner dans les préceptes ce

qui appartient au fond et ce qui appartient aux circonstances in-

différentes, ce qui est perpétuel ou ce qui doit avoir un certain terme. Toute autre chose qu'on peut dire sur les exemples des

traditions que nous avons rapportés, n'est, comme on a vu,

qu'un raisonnement humain. Voilà ee que suivent ceux qui ne

cessent de nous objecter des traditions humaines. Ils comprennent

sous un nom si odieux tant de véritables et de solides traditions,

qu'ils ne peuvent s'enipécher eux-mémes de reconnoitre ; et pour

comble d'aveuglement, ils aiment mieux les fonder sur des rai-

sonnemens humains visiblement foibles, que sur l'autorité de

l'Eglise que Jésus-Christ nous commande d'écouter.

11 Timoth., 1v, 3.

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