PARTIE I, CHAPITRE VII
par Jésus-Christ méme , qu'il y a des péchés qui ne se remettent ni en ce siècle ni en l’autre ‘; car on verroit clairement dans le livre des Machabées , la rémission des péchés demandée par des sacrifices en faveur des morts et pour le siècle futur, et la facon de parler dont s'est servi Jésus-Christ confirmeroit trop cette doctrine, et auroit avec elle un trop visible rapport : un lieu obscur de saint Paul, où il parle d'une coutume de se baptiser pour les morts ? | car c'est ainsi qu'il faut traduire selon la force de l'original), trouveroit dans cette coutume un dénouement trop manifeste : ce baptéme , c'est-à-dire non pas le baptéme chrétien, mais les purifications et les pénitences pratiquées par les Juifs pour les morts, auroient une liaison trop manifeste avec la croyance de la priére dont nous parlons : en un mot, cette croyance seroit trop suivie, et paroitroit trop clairement devant l'Evangile, sous l'Evangile et aprés l'Evangile. Il faut évoquer la Sibylle pour rompre cette belle chaine : il ne faut pas qu'on ait dit en vain quel'Eglise romaine avoit tort, et il vaut mieux, pour soutenir le titre de réformés , donner le tort à tous les chrétiens et à tous les Juifs, sans respecter Judas le Machabée , ni son historien , dont le livre a mérité d'étre lu publiquement dans l'Eglise dès les premiers siècles.
Reprenons en peu de paroles ce que nous venons d'établir ; et quelque ennui qu'on ressente à répéter des choses claires, portons-en la peine pour l'amour de ceux dont le salut nous est cher. J'ai fait voir à nos réformés qu'ils n'ont point de règle. Celle qu'ils semblent s'étre proposée, de faire dans les sacremens ce que Jésus-Christ a fait et institué, s'est trouvée visiblement fausse, non-seulement dans le baptéme, mais encore de leur aveu dans beaucoup de circonstances trés-importantes de la Cène. Nous avons vu clairement qu'en rejetant la tradition ou la doctrine non écrite, il ne leur reste aucune régle pour distinguer dans les sacremens, et en général dans les observations de l'Ancien et du Nouveau Testament, ce qui est essentiel et perpétuel d'avec ce qui ne l'est pas. Geux qui soigneux de leur salut et diligens dans la recherche de la vérité, voudront relire les endroits que j'ai dé-
1 Matth., x1t, 31, 32. — ? I Cor., xv, 29.
fendus du Traité de la Communion", y trouveront maintenant la démonstration des trois principes que j'ai établis, et principalement de celui-ci, qui est le plus essentiel, « que pour connoitrece qui appartient ou n'appartient pas à la substance des sacremens, il faut consulter la pratique, la tradition et le sentiment de l'Eglise ?. »
SECONDE PARTIE
QU'L Y A TOUJOURS EU DANS L'ÉGLISE CHRÉTIENNE ET CATHOLIQUE DES EXEMPLES APPROUVÉS, ET UNE TRADITION CONSTANTE DE LA COMMUNION SOUS UNE ESPECE.