CHAPITRE PREMIER
Que l'examen de la tradition est nécessaire, et qu'il n’est ni impossible ni embarrassant : histoire de la Communion sous une espèce. Que, de l'aveu de nos adversaires, elle s'est établie sans contradiction.
Les ministres trop persuadés qu'ils trouvent leur condamnation assurée dans la tradition de l'Eglise, en détournent autant qu'ils peuvent leurs sectateurs; et par un double artifice, ils tàchent de leur faire peur d'une chose si nécessaire à leur salut. Premièrement , ils la confondent avec les traditions humaines : secondement, ils leur font croire que c'est une chose impénétrable, qu'il faut pour la découvrir feuilleter tous les livres anciens et nouveaux, y passer les jours et les nuits, et se perdre dans une mer immense. Une ame foible et alarmée d'un si grand travail, écoute toute autre chose plutôt que la tradition, et on lui fait accroire aisément que Dieu, un si bon père, n’a pas mis notre salut dans une recherche si difficile, pour ne pas dire entierement impossible à la plupart des particuliers. Mais si l'on agissoit de bonne foi, il faudroit faire un raisonriement tout contraire, et conclure que si la recherche de la tradition est nécessaire, il faut aussi qu'elle soit facile. S'il nous a paru constamment qu'il y a dans la religion des traditions, je dis des traditions non écrites dont l'origine
! Trailé de la Communion, M part., n. 1-6, 10. — ? Voyez n. 4 et suiv.