‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 264 sur 403 · PARTIE II, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE XIV

n'aura pas choisi un autre temps «pour se munir du corps et du sang de Notre-Seigneur dans sa petite demeure auprès de l’église de Saint-Etienne. » On le doit croire de saint Grégoire évêque d'Utrecht, qui tout mourant qu'il étoit, se fit porter à l'oratoire de Saint-Sauveur, «où après avoir fait sa prière et avoir reçu le corps et le sang de Notre-Seigueur, il mourut regardant l'autel !. » Enfin on le doit croire, et de saint Maur, qui averti de la mort d'un grand nombre de ses fréres qu'il devoit suivre de prés, et sentant défailir ses forces, «se fit porter devant l'autel de Saint- Martin, où prosterné sur le cilice de son lit, il se munit des sacremens vivifians?;» et plus que de tous les autres, de son maitre saint Benoît, qui au rapport de saint Grégoire expressément averti du jour de sa mort, se fit porter dans l'oratoire pour s'y munir du corps et du sang de Notre-Seigneur?.» Ce n'est pas que dans son monastère, non plus que dans les autres lieux, on réservât l'Eucharistie sous les deux espéces, puisque nous venons de voir dans un endroit de la méme Vie écrite par saint Grégoire, où il s'agissoit de réserve, qu'il n’y est parlé que du corps; mais c'est que ce grand Saint et les autres qui, malgré l'extrémité de leur maladie, alloient chercher Jésus-Christ à ses autels, n'étoient pas moins soigneux de le recevoir dans son sacrifice, et s'accommodoient aisément à l'heure qu'on le célébroit. Ainsi dans tous les exemples que l'on nous produit, nous trouvons, ou le saint sacrifice expressément désigné, ou que toutes les circonstances ont un rapport si manifeste avec l'heure et le lieu où on le célébroit, qu'il faut vouloir s'aveugler pour ne pas voir que les communions dont il s'agit se faisoient à la messe méme, ou incontinent après. Ce n'est done pas, comme l'Anonyme le prétend *, une illusion grossière de suppléer la circonstance de la messe dans tous les exemples qu'il allégue dela communion des malades. C'est une suite naturelle des autres exemples, et un résultat nécessaire de toutes les circonstances conférées ensemble ; et il est plus clair que le jour que dans ces exemples tant vanlés, il n’y a aucun besoin de recourir à la réserve de l'Eucharistie. Que si l'on nous demande

1 Sur., 24 aug. — ? Idem, 15 jan., cap. XLv, xLvI, xLVII. — à Greg., Dia/., lib. IL, cap. xxx VII. — * Anonyme, p. 136.

maintenant dans quel cas et pourquoi nous l'admettons, et qu'estce qui nous empéche de nous contenter de ce que prétend M. de la Roque‘, que du moins dans les premiers temps on donnoit la communion aux malades en consacrant à chaque fois le pain et le vin, c'est ce qu'il faut maintenant examiner.

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