CHAPITRE XV
De la Réserve.
Cet examen est facile, ou plutôt la chose est déjà toute décidée. Dans les exemples que nous avons rapportés jusqu'ici, il n'est parlé que de ceux qui avoient prévu le jour de leur mort, ou qui pourvoyoient de bonne heure à leurs besoins spirituels et à la réception des saints sacremens, qui par conséquent s'accommodoient à l'heure des mystères, et qui d'ailleurs demeuroient dans les lieux où il y avoit des églises, et où la célébration des saints sacremens étoit ordinaire. Quoique ceux-là, si l'on en ramasse les exemples dans tous les siécles, soient en assez grand nombre, il reste encore un nombre incomparablement plus grand de ceux qui éloignés des églises ou surpris par la maladie, ne laissoient pas le loisir de célébrer le saint sacrifice, ou avoient besoin de l'Eucharistie à des heures oü les lois de l'Eglise ne permettoient pas d'offrir. On leur donnoit l'Eucharistie comme aux autres, ainsi que le canon xiu du premier concile de Nicée et le cxxvr du concile de Carthage, pour ne point parler des autres, en font foi, On ne pouvoit donc les communier qu'en réservant l'Eucharistie, surtout dans les cinq ou six premiers siècles, où il est certain qu'on n'offroit pas tous les jours le sacrifice, du moins partout, et où, quand on. l'offroit, on ne l'offroit quà une certaine heure du matin, qu'on régloit principalement sur la commodité du peuple.
De dire avec M. dela Roque? qu'à chaque fois qu'il falloit eommunier un moribond, on consacroit l'Eucharistie, en présupposant, si l'on veut, que pour abréger la cérémonie dans une nécessité pressante, on retranchoit toutes les prières dont on accompagnoit la consécration , et qu'on ne laissoit que l'essentiel : c'est
1 Hist. de l'Euchar., p. 118; Rép., p. 142, 113. — ? Ibid.; Rép., p. 39, 113.