PARTIE I, ART. V, N. XLU, XLUI
langage sur ce modèle, le nom de Dieu est donné ordinairement une atio ) :
b + . 5 Nus * c »ution parau Père seul avec une attribution particulière, ce qui se fait sans 'icuire, 1 PE. . . ^ 5 et d'où exclusion du Fils et du Saint-Esprit, puisqu'au contraire cela se vient qu'ordi-
fait en les regardant comme originairement contenus dans leur marement
la priére et
principe. De là vient, pour pousser plus loin cette divine contem- prs plation , que la prière et l’adoration s'est adressée de tout temps, au Père. selon la coutume de l'Eglise, ordinairement au Pére seul par le Fils dans l'unité du Saint-Esprit; non qu'on ne les puisse invoquer directement, puisque Jésus-Christ lui-méme nous a appris à le faire dans l'invocation la plus authentique qui se fasse parmi nous, qui est celle du baptéme et de la consécration du nouvel homme ; mais parce qu'il a plu au Saint-Esprit qui dicte les prières de l'Eglise, qu'en éternelle recommandation de l'unité du principe on adressât ordinairement linvocation au Père, dans lequel on adore ensemble et le Fils et le Saint-Esprit comme dans leur source, afin que par ce moyen l'adoration suivit l'ordre des émanations divines, et prit, pour ainsi parler, le méme cours; ce qui faisoit dire à saint Paul : « Je fléchis mes genoux devant le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ !, » sans exclure de cette adoration ni Jésus-Christ, « Dieu béni au-dessus de tout?; » ni le Saint- Esprit inséparable des deux, mais regardant et le F'ils et le Saint- Esprit dans le Père qui est leur principe; d’où vient aussi primitivement la grace de l'adoption, et « toute paternité, » toute consanguinité, toute alliance, « dans le ciel et dans la terre ?. »
Toutes les fois donc qu'on voit dans les anciens le Fils et le Saint-Esprit comme rangés après Dieu , il faut toujours se souvenir que c'est selon l'ordre de leur procession , les regarder dans le principe de leur être d’où ils sortent sans diminution, puisque c’est sans dégénérer d'une si haute origine; et ceux qui entendront bien ce divin langage, surmonteront aisément les difficultés que la profondeur d'un si haut mystère nous fait trouver quelquefois dans les explications des saints docteurs.
Pour ce qui regarde les similitudes tirées des choses humaines, xu.
Pourquoi
si on s'étonne de les trouver si fréquemment usitées en cette ow: les
choses di-
matière, puisqu'on avoue qu'elles sont si défectueuses, il faut en- sinc onse
1 Ephes. , 11, 44. — ? Rom., 1x, 5. — 9 Ephes., 11, 13.
m SIXIÈME AVERTISSEMENT.
sert de si- tendre que la foiblesse de notre discours ne peut soutenir long-
iris d temps la simplicité si abstraite des choses spirituelles. Le langage mies. humain commence par les sens. Lorsque l'homme s’élève à l'esprit comme à la seconde région, il y transporte quelque chose de son premier langage; ainsi l'attention de l'esprit est tirée d'un arc tendu; ainsi la compréhension est tirée d'une main qui serre et qui embrasse ce qu'elle tient. Quand de cette seconde région nous passons à la suprême, qui est celle des choses divines , d'autant plus qu'elle est épurée et que notre esprit est embarrassé à y trouver prise, d'autant plus est-il contraint d'y. porter le foible langage des sens pour se soutenir, et c’est pourquoi les expres-
sions tirées des choses sensibles y sont plus fréquentes. xuv. — L'intelligence en sera aisée à ceux qui sauront comprendre ce Saut que le ministre a tàché cent fois de dérober à notre vue; c’est, euer comme nous l'avons dit, que toutes les comparaisons tirées des "sas choses humaines sont les effets comme nécessaires de l'effort que Ed fait notre esprit, lorsque prenant son vol vers le ciel et retombant cellents Par son propre poids dans la matière d’où il veut sortir, il se “sons des prend comme à des branches à ce qu'elle a de plus élevé et de »* «ri moins impur pour s'empécher d'y être tout à fait replongé. Lorsque du rie de poussés par la foi, nous osons porter nos yeux jusqu'à la naissance éternelle du Verbe, de peur que nous replongeant dans les images des sens qui nous environnent et pour ainsi dire nous obsèdent, nous n'allions nous représenter dans les Personnes divines et la différence des âges et l'imperfection d'un enfant venant au monde, et toutes les autres bassesses des générations vulgaires; le Saint-Esprit nous présente ce que la nature a de plus beau et de plus pur, la lumière dans le soleil comme dans sa source, et la lumière dans le rayon comme dans son fruit. Là on entend aussitôt une naissance sans imperfection, et le soleil aussitót fécond qu'il commence d'étre, comme l'image la plus parfaite de celui qui, étant toujours, est aussi toujours fécond. Arrétés dans notre chute sur ce bel objet, nous recommencons de là un vol plus heureux , en nous disant à nous-mémes que si l'on voit dans les corps et dans la matière une si belle naissance, à plus
forte raison devons-nous croire que le Fils de Dieu sort de son