PARTIE II, CHAPITRE XIX
on communioit aussi les infirmes qui n'y étoient pas. Pour tirer cette conséquence, il faudroit trouver dans le Cérémonial, l’endroit où l’on réservât le sang pour eux, comme on y trouve partout l'endroit où on leur réserve le corps. Que s'il ne paroit nulle part, on voit bien qu'il n'y en avoit aucun.
Mais, dit-on, dans l'Ordre romain de saint Grégoire, au rapport du docte Ménard, on communie les malades sous les deux espèces. Qui doute qu'on ne le fit dans les cas dont nous avons vu tant d'exemples? La question est de la réserve du sang précieux, qu'on trouveroit dans l'Ordre romain , dans Amalarius, dans le Micrologue, aussi bien que celle du corps, si elle eût été en pratique.
On peut rapporter au méme temps le chapitre Pervenit, de consecratione, distinctione n, qui est un canon d'un concile de Reims, oü il est porté que «quelques prétres font si peu d'état des divins mystères, qu'ils donnent à des laïques, ou à des femmes, le sacré corps de Notre-Seigneur pour le porter aux malades !, » ce que le concile défend sous de grandes peines, et ordonne que le prêtre communie lui-méme le malade. On ne reprend pas ces prétres de n'avoir envoyé aux malades qu'une seule espèce, mais de ce qu'ils ne la donnoient pas eux-mêmes, comme leur charge les y obligeoit, et l'on voit clairement dans ce canon la coutume de la réserve et de la communion des malades sous la seule espéce du pain.