CHAPITRE X!X
Suite de la méme matiére.
Pour ne point avoir de querelles avec les ministres sur des questions de critique, j'ai rangé parmi les preuves du huitième ou neuvième siècle ? l'auteur grec de la Vie de saint Basile, sous 1 m d'Amphilochius, où nous voyons comme dans l'Ordre le pain sacré divisé en trois parties, dont on suspend la
troisiéme sur l'autel dans une colombe d'or 3. Cela montre la pra- * 1 Grat., de Cons., dist. Il, cap. xxix.— ? Traité de la Commun., | Part. n, 2 p. 257. — ? Vit. S. Basil., per Amphil., cap. vi.
tique de l'Eglise grecque, du moins au neuvième sièele, puisque ce livre grec se trouve traduit, et en particulier l'endroit de l'Eucharistie suspendue dans une colombe d'or, par Enée, évéque de Paris sous Charles le Chauve, dans son excellent ouvrage Contre les Grecs”.
Je laisse à part la vaine critique de l'auteur de la seconde Réponse?, qui veut par des conjectures contraires, de son aveu propre, au sentiment du docte Daillé, qu'on attribue à un auteur latin cette vie grecque, et qu'on l'aitcrue traduite du grec en latin par Eveimius, Grec, et Ursus, Latin ?. Laissons ces vaines remarques, qui assurément ne seront suivies de personne. Et s'il faut ici conjecturer, cette Vie ressent tout à fait le siècle méme de saint Basile, ou au plus tard le suivant, à cause principalement d'une certaine apathie, ou impossibilité et imperturbabilité*, plus stoicienne que chrétienne, qu'on y trouve mentionnée : dogme introduit en ce temps parmi les solitaires d'Orient, par Evagrius, dont on n'entend plus parler dans la suite, et surtout depuis que cet Evagrius eut été condamné au cinquième siècle, avec son maître Origene, dans le concile sous Justinien. On peut voir sur ce dogme l'Histoire Lausiaque de Palladius*, disciple d'Evagrius, qui a écrit au cinquième siècle, et les réflexions qu'on y a faites. Quoi qu'il en soit, on trouve dans cette Vie la réserve du pain sacré dans une colombe d'or. Notre ministre demande «d’où l'on peut tirer cette conséquence, qu'elle ne renfermoit que l’espèce du pain *? Ne pouvoit-elle pas être, poursuit-il, d'une juste grandeur et assez capable de contenir une petite coupe, ou bien une petite fiole, du sang de Jésus-Christ? » Qui doute de la possibilité? Il est question du fait. On voit ici le pain sacré partagé en trois : on voit la troisième partie mise dans une de ces colombes et aussitôt après suspendue : on n'y trouve nulle mention ni de ces coupes ni de ces fioles; non-seulement on n'en trouve pas en ce lieu, mais on n'en trouve nulle part; et bien qu'on trouve partout dans l'Ordri romain et ailleurs, des fioles qu'on appeloit ama ou amulte, | 0t n
1 JEn. Par., Tract. adv. Gr., tom. VIII; Spicil, p. 80, 81. — ? Anonyme; p- 172. — 3 Æn,, ibid.; Sur., 1 jan. — * Vit. S. Basil., cap. 11; Sur., cap. vir. — 5 Pall., Hist. "Lausiaque , Bib. PP... Lj om. "part. jé, p. 898, 915. — $ Anonyme, p. 70.