PARTIE II, CHAPITRE: XXI
neveu, archevêque de Toulouse‘, de saint Thomas d'Aquin* et de plusieurs autres, qui recoivent le saint Viatique sous la seule espèce du pain; ce qui n'empêche pas qu'en ce méme siècle on ne le donnát aussi sous toutes les deux, comme l'Anonyme le prouve trés-bien? par le témoignage de Luc, évêque de Tuy en Galice, auteur du temps. La méme chose paroit encore par l'exemple de sainte Elisabeth, femme du landgrave Louis de Thuringe *, et par beaucoup d'autres exemples.
Nos adversaires prétendent que les exemples qui suivent le onzième Siècle et la condamnation de Bérenger ne sont plus de pareille force, parce que la transsubstantiation, établie alors, avoit introduit avec la concomitance l'usage d'une seule espèce. Mais j'ai rapporté tout de suite les exemples de tous les siècles, pour montrer que devant l'onziéme siècle, comme après, la communion tant sous une que sous deux espéces paroit également en usage. C'est une consolation pour les catholiques, en ce qui regarde la doctrine, de n'avoir à se défier ni à se plaindre d'aucun siècle. Jésus-Christ n’a terminé par aucun temps les promesses de secourir son Eglise. En l'assurant d'étre avec elle jusqu'à la consommation du monde, il a également consacré tous les siècles par cette parole. Aussi dans cette matière, comme dans toutes les autres, nous voyons partout la méme foi, qui est que la communion, trés-sainte sous les deux espéces, est suffisante sous une seule. Voilà le dogme qui ne change point, que nous avons vu établi dés l'origine du christianisme, et dans lequel nous persistons. Le reste ne peut plus étre qu'une affaire de police ecclésiastique, et dans une chose libre un pur ehangement de discipline.