PARTIE I, ART. V, N. XLVI
ou « de ce que j'ai, » de meo', comme je prends de mon Père avec qui tout m'est commun.
Il ne falloit done pas imaginer dans la doctrine des Pères ce monstre d'inégalité sous prétexte de ces expressions qu'ils ont bien su épurer, et bien su dire avec tout cela que le Fils de Dieu
« étoit sorti parfait du parfait, éternel de l'éternel, Dieu de Dieu; » sion:
c’est ce que disoit saint Grégoire, appelé par excellence le Faiseur de miracles ? : et saint Clément d'Alexandrie disoit aussi «qu’il étoitle Verbe, né parfait d'un Père parfait?; » il ne lui fait pas attendre sa perfection d'une seconde naissance, et son Pére le produit parfait comme lui-méme; c'est pourquoi non-seulement le Pére, mais encore en particulier «le Fils est tout bon et tout
beau *, » par conséquent tout parfait : «il n'est pas parole comme
la parole qu'on profère de la bouche ; mais il est la sagesse et la bonté trés-manifeste de Dieu, sa force toute-puissante et véritablement divine*: en lui on possède tout, parce qu'il est tout-puissant, et lui-même la possession à laquelle rien ne manque‘. » Il est donc plus clair que le jour que l'idée d'inégalité n'entra jamais dans l'esprit des Péres; au contraire nous venons de voir que pour l'éviter, aprés avoir nommé selon l'ordre le Pére et le Fils, ils disoient exprès, contre l'ordre, le Fils et le Père, dans le dessein de montrer que si le Fils est le second, ce n'est pas en perfection, en dignité ni en honneur. Loin de le faire inégal, ils le faisoient « en tout et partout un avec lui aussi bien que le Saint- Esprit" : » etafin qu'on prit l'unité dans sa perfection, comme on doit prendre tout ce qui est attribué à Dieu, ils déclaroient que « Dieu étoit une seule et méme chose, une chose parfaitement une, au delà de tout ce qui est un et au-dessus de l'unité même.»
1 Joan., XVI, 15. — ? Ap. Greg. Nyss., de vit. Greg. Neoc. — 3 Clem., Pædag., 1, 5, 6. — ^ Ibid., 1t, cap. ult. — 5 Strom. v. — 6 Pedag., 111, 1. — " Ibid., cap. ult. — $ Jbid., 1, 8.
Que le
Péres ont su épurer toutes les
des choses humaines, et établir l'égalité
du Pè da Fils.
et