CHAPITRE XXIV
Réponse aux preuves que les ministres prétendent tirer des modernes.
Les preuves que mes adversaires ont tirées de l’antiquité sont soutenues du consentement , qu'ils prétendent avoir prouvé, de trois auteurs catholiques , du cardinal Baronius, du savant l'Aubespine évêque d'Orléans, et de Cassander ‘. A cela je pourrois répondre que le sentiment de ces auteurs ne fait pas une loi. Mais afin de ne refuser à ceux qui cherchent la vérité aucune sorte d'éclaircissement, je veux examiner ces trois auteurs. Commencons parles deux derniers, et réservons pour la fin le cardinal Baronius, qui demande un peu plus de discussion.
Quant à l'évéque d'Orléans, voici ses paroles, comme les traduit M. de la Roque : « Comment pourroit-on prouver qu'il ait été permis aux laiques de porter l'Eucharistie dans leurs maisons sous l'espéce du pain, et qu'il ne leur eût pas été permis de la porter sous l’espèce du vin?? » Mais que fait cela contre nous? Ce docte évêque a raison de dire qu'en soi il n'est pas plus défendu d'emporter le sang que le corps; mais qu'on l'ait toujours fait ainsi, et qu'on pàt également réserver les deux symboles, qui est précisément notre question, ni cet évéque ne le dit, ni la chose n'est véritable; et dans ce lieu il ne s'agissoit point d'entrer plus avant dans cet examen.
M. dela Roque m'oppose souvent Cassander ?, savant auteur du siècle passé. Il me reproche d'avoir le malheur de n'étre pas conforme à ses sentimens. Le malheur en tout cas.ne sera pas grand, puisqu'il sait bien que cet auteur assez ambigu est parmi nous
1 Première Rép., p. 162, 179, etc. — ? Observ., lib. 1; Observ, lib. IV, de Comm. Laicor. — 3 Là Roq., p. 180, 187, 194, 268, 289.