‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 348 sur 403 · PARTIE Hi, CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

PARTIE Hi, CHAPITRE XXXV

qui ne cessoit d'y aborder de toutes parts, dans la pratique de la communion sous une espéee. Les Romains le posent en fait, et les Grecs en demeurent d'aecord : mais pendant que les Romains blàment dans les Grecs le mélange des espèces, ils approuvent expressément la communion sous une seule, et enfin ils aiment mieux qu'on prenne une seule espèce à part que de prendre les deux mélées ensemble.

Que si l'on vient. maintenant à considérer en quel temps se disent ces choses, la preuve sera encore plus convaincante. Bérenger n'avoit pas encore paru; et selon les protestans, la présence réelle , qu'ils regardent comme la source de la communion sous une espèce, n'étoit pas encore décidée dans l'Eglise. Et quand ils voudroient supposer, selon leur vaine hypothèse, que depuis Paschase Radbert, c'est-à-dire depuis cent cinquante ans, elle avoit commencé à prévaloir en Occident, ils ne veulent pas qu'on croie qu'elle ait jamais eu aucun lieu en Orient, et moins encore en ces temps-là, où il n'y avoit point de ces gens latinisés et nourris dans les séminaires ou dans les colléges de Rome, que les ministres ne cessent de nous alléguer pour toute défense , quand nous leur montrons tant d'auteurs, tant d'évéques, tant de patriarches qui parlent et qui enseignent comme nous , méme dans des conciles. Voilà néanmoins la communion sous une espèce approuvée des Grecs, et par l'aneienne coutume d'une église qu'on n’accuse pas d'avoir varié, sans que personne y ait jamais rien trouvé d'étrange. Quelle preuve plus manifeste peut-on apporter d'une tradition constante ?

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