PARTIE II, CHAPITRE XXXVI
dent. M. de la Roque en est convenu , comme on l’a vu; et c'est méme la définition qu'il nous a donnée de cet office, disant en termes formels qu'on l'appelle l'office ou la «liturgie des dons présanctifiés, à cause qu'on n'y faisoit pas de NOUVELLE CONSÉCRA- TION. » Or pour conserver cette notion des mystères présanctifiés, il ne falloit non plus consacrer le sang que le corps, et l'on ne voit-pas comment la consécration de l'un s’accommodoit mieux que celle de l'autre à la sainte tristesse du jeûne; outre qu'on ne voit aucun exemple dans toute l’histoire ecclésiastique, où l’on ait jamais consacré une des espèces de l'Eucharistie, sans en méme temps consacrer l'autre. C'est donc une illusion contraire à toute la tradition , et contraire en particulier au dessein des Pfésanctifiés, que de s'imaginer ici la consécration du vin par le mélange du pain consacré; et M. de la Roque, qui croit se sauver par une si mauvaise défaite, se contredit ouvertement lui-même.
Concluons donc que le service des Présanctifiés étoit un service où publiquement et dans l’assemblée des fidèles, comme nous l'avons déjà dit, à chaque semaine du Caréme tout le clergé et le peuple communioit cinq fois sous la seule espèce du pain, il y a pour le moins mille ans.