‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 360 sur 403 · PARTIE II, CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE XXXVIII

Puis donc qu'on n'a point marqué que jamais on ait réservé ni donné au peuple autre chose que le pain sacré, on doit croire qu'il est ainsi de tout temps immémorial. Le concile de Laodicée, où il n'est parlé que du pain , confirme l'antiquité de cette tradition : d’où il s'ensuit que l'Office des Présanctifiés, à la réserve des innovations que nous venons de marquer, est le méme qu'il a été dans son origine : qu'on n'y donnoit que le corps; et que si l'on y parle du sang , ce n'est pas à cause des deux espèces , puisqu'on ne les y donnoit pas; mais c'est à cause que la substance avec la vertu du sang se trouvoit effectivement dans le corps.

Et c'est de quoi, sans aller plus loin , nous avons la preuve assurée dans cet Office, puisque nous y avons vu l'adoration qu'on rendoit à l'Eucharistie, lorsque de la sacristie on la portoit sur l'autel. Car c’est alors qu'on disoit: « Maintenant les vertus célestes vont adorer avec nous; » et : « Voilà le Roi de gloire qui fait son entrée. » I] y a constamment plus de mille ans qu'on a fait cette prière. Ni les Paschases n'avoient paru, ni Bérenger n'avoit été condamné ; et l'Eglise orientale chantoit déjà en voyant passer l'Eucharistie : « Voilà le Roi de gloire qui fait son entrée, et les puissances célestes l'adorent avec nous. » Ce Roi de gloire n'étoit pas un cadavre sans ame et sans sang : c'étoit Jésus-Christ entier, Dieu et Homme, et par conséquent son sang avec son corps. Mais c'en est assez sur le service des Présanctifiés comme on le faisoit dans l'Eglise greeque. Voyons de quelle sorte on le célébroit parmi nous et dans l'Eglise latine.

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