‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 377 sur 403 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

La nouvelle maniére de consacrer, imaginée par les ministres, est sans fondement, et ils n’en peuvent tirer aucun avantage.

Les ministres croient aisément que l'Eglise peut varier dans sa doctrine, etil ne leur faut pas donner pour principe qu'elle n'a pu en changer au neuvième siècle sur la manière de consacrer l'Eucharistie. Ainsi pour ne refuser aucune sorte d'éclaircissement à nos Frères, et pour tourner de toutes les sortes une prétention où ils mettent le dénouement de toute la question des deux especes, examinons avec eux s'il est vrai qu'au neuvième siècle on trouve une manière nouvelle de consacrer l’Eucharistie , dont on n'ait jamais entendu parler dans les siècles précédens. Je dis qu'elle ne s'y trouve pas : je dis que quand même on l'y trouveroit , elle ne seroit d'aucun secours à nos adversaires.

Le dernier est indubitable. Car il s'agit, non-seulement d'expliquer l'Office du Vendredi saint, ce qui est la moindre partie de nos disputes ; mais ce qui est bien plus important, la communion domestique, et ce qui en est une suite, celle des malades : choses que l'on voit paroitre universellement dés les premiers siècles. Quand donc on supposeroit que la manière de consacrer auroit varié au neuvième siècle, ce changement arrivé si tard ne pourroit pas servir aux temps précédens, niavoir pour ainsi parler un effet rétroactif jusqu'à l'origine du christianisme. C'est done se débattre en vain et vouloir amuser le monde, que de se tant travailler pour établir qu'un tel changement s'est fait au neuvième siecle.

Que si l'on prétend sauver par ce moyen du moins l'Office du Vendredi saint, on se trompe encore; car il faudroit pour cela qu'on püt faire voir cette manière de consacrer par le mélange comme recue et établie dans toute l'Eglise, du moins dés le temps dont nous parlons. Or démonstrativement cela n'est pas : premièrement, parce que nous avons oui Alcuin, Remi d'Auxerre, Florus, non-seulement persister à reconnoitre la consécration par les paroles répétées de Notre-Seigneur, mais encore nier cons-

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