PARTIE I, ART. VIII, N. LXII, LXIII
parlant du Fils de Dieu « qu'étant auparavant, il avoit été dans la suite engendré et créé pour être Fils; » mais nous lisons dans le méme endroit « qu'Alexandre les rejeta en pleine Eglise ! : » et maintenant M. Jurieu prétend qu'une si ridicule imagination que saint Alexandre avoit rejetée en pleine église, ait été confirmée en plein concile, le même Alexandre présent et ayant dans ce saint concile une autorité si éminente.
Le ministre est donc convaineu d'avoir calomnié, non plus des docteurs particuliers, mais tout un concile œcuménique; et encore quel concile? Celui que les chrétiens ont toujours le plus révéré, et celui qu'on recoit expressément dans la profession de foi des prétendus réformés, puisqu'on y lit ces paroles : Nous avouons les trois Symboles, « des Apótres, de Nicée et d'Athanase, pour ce qu’ils sont conformes à la parole de Dieu ?. » Mais aujourd'hui un ministre de cette société, et celui à qui on remet d'un commun accord la défense de la cause, entreprend de convaincre le Symbole de Nicée d'avoir pris le prétendu sens de Tertullien, pour induire l'inégalité des Personnes; et afin qu'il ne restàt rien d’entier dans ce saint concile, il veut que ses anathèmes «aient confirmé » une seconde naissance du Fils de Dieu comme Dieu, pour suppléer au défaut et à l'imperfection qu'il reconnoit dans la première; c'est ainsi qu'il recoit la foi de Nicée comme conforme à l'Ecriture.
Il ne faut donc pas s'étonner si la foi de Nicée lui paroit informe, puisqu'on y trouve encore tant d'arianisme. Mais celle des autres conciles ne lui paroitra pas plus parfaite, puisqu'on les commence toujours par y confirmer la foi de Nicée, et à la poser pour fondement. Ne lui parlons pas davantage sur cette matière. Car enfin après avoir fait arianiser , non-seulement les saints Peres et l'Eglise des trois premiers siècles, mais encore le concile de Nicée, entété comme il est de sa seconde naissance, il la trouvera partout. II soutiendra à David que c'étoit de cette naissance qu'il vouloit parler, lorsqu'il faisoit dire au Père éternel: « Je t'ai engendré devant l'aurore? : » car la première naissance n'étoit qu'une conception et un vain effort du Père qui n'avoit pu tout à fait enfanter son Fils. Saint Jean ne s'en sauvera pas; et lorsqu'il a
1 Ap. Ath., de Syn., et Hil., lib. IV, de Trin. — ? Art. 5. — 3 Psal. cix, 3.
est formellement rejetée par saint Alexandre d'Alexandrie.
Que le ministre rejette sa propre confession de foi, en accusant d'erreur le concile de Nicée.
Que le imninisire S'eir porte sans aucunes Lcries
dit : « Au commencement le Verbe étoit, » il faudra encore l'entendre de la seconde nativité, puisque dans la première il n’étoit pas Verbe, et qu'il n'étoit qu'une sapienee qui attendoit à devenir Verbe avec le temps. Et sans exagération il faut bien qu'il trouve en son cœur ces interprétations soutenables, puisqu'il veut que ces prétendus arianisans ne puissent pas étre réfutés par l'Ecriture; ou c'est qu'il ne pense pas à ce qu'il écrit, et qu'il ne faut plus prendre garde à ses vains discours.