PARTIE II, CHAPITRE XLVI
pourroit trouver de communions sous les deux espéces le Vendredi saint, que je veux bien alléguer ici avec respect un ancien et vénérable Sacramentaire de l'Eglise romaine, sans néanmoins pouvoir garantir, pour les raisons que j'ai dites, à l'usage de quelle église il a été fait. J'y ai donc remarqué ces mots dans l'office du Vendredi saint : « Aprés ces prières achevées, les diaeres marchent dans la sacristie et viennent avec le corps et le sang de Notre-Seigneur, qui est resté du jour précédent, et ils le mettent sur l'autel; et l'officiant vient à l'autel adorant et baisant la eroix : il dit, Oremus preceptis salutaribus moniti, etc. Ce qui étant achevé, tout le monde adore la croix et communie 1. » Je vois done ici le corps et le sang ; mais je le vois réservé de la veille et porté de la sacristie, pour montrer qu'on ne songeoit pas à cette consécration par le simple mélange, que nos ministres alléguent ici comme un dénouement universel: encore que, de leur aveu, il ne s'en trouve aucun vestige, neuf cents ans durant, qu'on n'en trouve au neuvième siècle qu'une très-fausse conjecture, et enfin que dans tous les siècles elle ne se trouve suivie en Occident que d'un seul auteur, et d'aucun en Orient que depuis le schisme. Voilà ce qu'on nous donnoit, avec une incroyable confiance, pour la doctrine des anciens Grecs et Latins, et pour celle des chrétiens indéfiniment de l'Eglise orientale et occidentale.