‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 57 sur 403 · PARTIE I, ART. XI, N. C · texte numérisé non relu

PARTIE I, ART. XI, N. C

trement ses variations prétendues de l'ancienne Eglise s'en iroient à rien), il a fallu dire que ces manières d’être « sont en quelque sorte nouvelles ' : » c’est-à-dire qu'il a senti que son lecteur seroit offensé des imperfections et des nouveautés qu'il faisoit attribuer à Dieu par les anciens Pères. A la bonne heure; qu'il achève donc de se corriger, et qu'il laisse en reposles premiers siècles qui font l'honneur du christianisme. On voit bien qu'il le faudroit faire, et donner gloire à Dieu en se rétractant; mais il faudroit donc se résoudre à ne plus parler des variations de l'ancienne Eglise; et ce dangereux principe de M. de Meaux, que la religion ne varie jamais, demeureroit inébranlable.

ILs'éléve ici contre moi une accusation dont voici le titre à la tête de l'article rv : Fourberies de l'évesque de Meaux ?. Mais quelque rude que soit ce reproche, le ministre n'est pas encore content de lui-méme; et examinant la conduite que j'ai tenue avec lui dans mon premier Avertissement : «On a peine, dit-il, à nommer une telle conduite; mais il s'y faut résoudre : on ne scauroit donc l'appeler autrement qu'une friponnerie insigne ?. » Vous le voyez; il a peine à lâcher ce mot, tant les injures lui coûtent à prononcer : mais après qu'il a surmonté cette répugnance, il répète plus aisément la seconde fois : La friponnerie de l'évesque de Meaux ; et on voit qu'il a de la complaisance pour cette noble expression. Le fondement de son discours est d'abord que je le renvoie au Père Pétau et à Bullus tout ensemble, pour apprendre les vrais sentimens des Pères des trois premiers siècles : « Pour achever son portrait, dit-il, M. de Meaux ne pouvoit mieux faire que de joindre, comme il a fait, Bullus à Pétau comme travaillant à la mesme chose, puisque Bullus s'est occupé presque uniquement à réfuter Pétau pied à pied *. Ceux qui ont leü ces deux auteurs sont épouvantez d'une telle hardiesse *, » de faire aller ensemble deux auteurs si directement opposés.

Il dissimule que ce que j'allégue du Père Pétau n'est pas son second tome que Bullus réfute, mais une préface postérieure dont Bullus ne parle qu'une seule fois et en passant : et si j'avois à me plaindre de la candeur de Bullus, ce seroit pour avoir poussé le

1 P. 266. — ? Tabl., lett. v1. — 3 Ibid. p. 292. — * P. 293, — 5 P. 290.

Le minisire, en accusant l’évêque de Meaux de fourberie et de friponnerie, trompe visiblement son lecteur, et lui dissimule ce qui ôteroit d’abord toute la difficulté.

Père Pétau, sans presque faire mention de cette préface où il s'explique, où il s'adoucit, où il se rétracte, si l'on veut; en un mot, où il enseigne la vérité à pleine bouche.

CL Quelle réplique à un fait si important? C'est une « friponnerie, »

Que le " s : : E Ne ministre et, dit M. Jurieu', « on ne peut rien imaginer de plus infáme »

objec!e en

wi » que d'épargner le Père Pétau, et d'aecuser ce ministre « qui dit

P. Pétau,

qui set beaucoup moins. » Mais pourquoi alléguer toujours le Père

parfaite-

RU Pétau, qui a dit la vérité toute entière dans un écrit postérieur ? puque

as h Que M. Jurieu l'imite ; qu'il s'explique d'une manière dont la foi son second de la Trinité ne soit point blessée, nous oublierons ses erreurs :

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