PARTIE I, ART. XI, N. CI
et du Fils. » Le ministre ne rougit-il pas après cela d’avoir osé dire que le Père Pétau défend le mystère de la Trinité, comme auroit pu faire un arien et un socinien ? Mais sans nous arrêter à ce passage, il ne faut qu'ouvrir la préface du Père Pétau, pour voir qu’il entreprend d'y prouver que les anciens « conviennent avec nous dans le fond, dans la substance, dans la chose même du mystère de la Trinité, quoique non toujours dans la manière de parler : » qu'ils sont sur ce sujet sans aucune tache ! : qu'ils ont enseigné de Jésus-Christ « qu'il étoit tout ensemble un Dieu infini et un homme qui a ses bornes ; et que sa divinité demeuroit toujours ce qu'elle étoit avant tous les siècles, infinie, incompréhensible, impassible, inaltérable, immuable, puissante par elle-même, subsistante, substantielle, et un bien d'une vertu infinie ? : ce qui étoit, ajoute le Père Pétau, une si pleine confession de foi de la Trinité, qu'aujourd'hui même, et aprés le concile de Nicée on ne pouvoit la faire plus claire ?. » Voilà, selon M. Jurieu, établir la foi de la Trinité comme pouvoit faire un arien. Enfin le Père Pétau remarque méme dans Origene, « la divinité de la Trinité adorable ‘; » dans saint Denis d'Alexandrie, «la co-éternité et la consubstantialité du Fils; » dans saint Grégoire Thaumaturge, « un Pére parfait d'un Fils parfait, un Saint-Esprit parfait image d'un Fils parfait; » pour conclusion, la parfaite Trinité : et en un mot, « dans ces auteurs de la droite et pure confession de la Trinité* : » en sorte que, lorsqu'ils semblent s'éloigner de nous, c'est selon ce Père ?, ou bien avant la dispute, comme disoit saint Jérôme’, « moins de précaution dans leurs discours, le substantiel dela foi demeurant le méme jusque dans Tertullien, dans Novatien, dans Arnobe, dans Lactance » méme et dans les auteurs les plus durs?; ou en tout cas des ménagemens, des condescendances, et comme parlent les. Grecs, des économies qui empéchoient de découvrir toujours aux païens encore trop infirmes, «lintime et le secret du mystère avec la dernière précision et subtilité ?. » Par conséquent il est constant, selon le Père Pétau,
1 Præf., cap. I,/n. 10, 12; cap. Ii, cap. 1H, ete. — ? Jbid., cap. 1v, n. 2. — — 3 Ibid, — * Ibid., n. 3. — * Ibid., n. 4, 5. — 9 Ibid., cap. ur, n. 6. — T Hier.,
Apol. r, nune Apol. 11 ad Rufin. — 8 Ibid., cap. V, n. 4, 3, 4. — 9 Ibid., cap. 111, n. 35; | Avert., n. 28.