PARTIE IH, N. XLIV, XLV
aux calvinistes évidemment révélés, pourquoi le doute des luthériens les ébranle-t-il assezjpour les obliger à la tolérance? ou pourquoi comptent-ils pour rien les doutes des autres aussi malaisés à résoudre que ceux des luthériens.
Le ministre croit avoir abattu les tolérans, quand il leur dit : xuv.
» z a « n VE oues Tn » Toutes les Est-il possible que Dieu ait voulu révéler la divinité de Jésus- preuves du . e & = 5 ^ - 3 ministre Christ, sans obliger à la reconnoitre? ou qu'il ait satisfait pour pu : n FAR à articles
nous, sans imposer aux hommes la nécessité d'accepter ce pale- fondamen-
taux tom-
ment par la foi'? Comme si on ne pouvoit pas dire de méme: bent de-
les-mêmes
Est-il possible que Dieu ait voulu que nous dussions tout notre au seul
exemple
salut, etautant le commencement que la fin, à la grace de Jésus- de 1» doc-
trine de la
Christ, et que ce soit là le principal fruit de sa mort, et que néan- grace etae
celle de la
moins il ne veuille pas que tout le monde reconnoisse cette vérité, in et qu'il faille tolérer les luthériens qui la rejettent? Ne pourroit-
on pas dire aussi : Est-il possible que Jésus-Christ ait voulu se rendre réellement présent selon son corps et selon son sang dans le
pain et dans le vin de l'Eucharistie, et qu'il n'ait pas voulu nous obliger à reconnoitre une présence si merveilleuse, et à lui rendre graces d'un témoignage si étonnant de son amour? Cependant
vous voulez persuader aux luthériens, qui reconnoissent cette présence, de vous supporter, vous qui, loin de la reconnoitre, en faites le sujet de vos railleries, c'est-à-dire selon eux, de vos blasphémes, jusqu'à traiter ceux qui la croient de mangeurs de chair humaine.
Il ne faut point ici dissimuler une misérable chicane de M. Jurieu | xtv.
Suite de la qui soutient que l'article de la présence réelle et de l'union corpo- même ma-
tiàre; chi-
relle des fidèles avec Jésus-Christ ne peut pas être fondamental ; ewe du parce que les luthériens eux-mêmes ne disent pas que cette union corporelle de Jésus-Christ avec ses membres soit absolument nécessaire. 1l est donc clair, conclut-il, que les calvinistes ne nient rien de fondamental et de nécessaire selon les luthériens ?.
Ce ministre ne veut jamais entendre en quoi consiste la difficulté qu'on lui propose. ll est vrai que les luthériens ne disent pas que cette union corporelle du fidèle avec Jésus-Christ soit absolument nécessaire, parce qu'ils ne disent pas non plus que la
1 Lelt. 1v, art. 2, n. 5, 6, — ? Jur., de Un. de l'Egl., tom. VI, chap. v, p. 560.
réception del'Eucharistiele soit ; maissiles luthériens ne croyoient pas que la foi de cette union corporelle fût nécessaire à celui qui recoit l'Eucharistie, pourquoi excluroient-ils de leur communion les calvinistes avec une inexorable sévérité? Il faut donc bien qu'ils croient absolument nécessaire à tout chrétien la foi de cette union et de la présence réelle, et qu'ils tiennent ceux qui la nient pour coupables d'une erreur intolérable.
Ainsi il se pourroit trés-bien faire qu'on ne crüt pas la communion absolument nécessaire, comme en effet elle ne l'est pas de la dernière et inévitable nécessité ; et qu'on crût absolument nécessaire quand on communie , de savoir ce qu'on y recoit, et ne pas priver le fidèle de la foi de la présence réelle; n'y ayant rien de plus ridicule et de plus impie que de tenir pour indifférent, si ce qu'on recoit sous le pain et avec le pain, comme parle le luthérien, est ou n'est pas Jésus-Christ méme selon la propre substance de son eorps et de son sang ; puisque c'est faire tomber son indifférence sur la présence ou sur l'absence de Jésus-Christ méme et de son humanité sainte.
Ainsi, quoi que puisse dire votre ministre, j'en reviens toujours à vous demander s'il n'est d'aucune importance de savoir que Jésus-Christ en tant qu'homme soit vraiment présent ou non sous les symboles sacrés? Mais ce seroit en vérité étre trop profane que de pousser son indifférence jusque-là, et de croire si Jésus- Christ homme a voulu étre présent avec toute la réalité que croit le luthérien, que cela puisse devenir indifférent à ses fidèles. Que si vous étes enfin forcé d'avouer que c'est là un point important et trés-important, mais non pas de cette importance qui rend un article fondamental et absolument nécessaire pour le salut, puisque méme la réception de l'Eucharistie n'est pas de cette nécessité; vous ne nous échapperez pas par cette évasion : car toujours on ne cessera de vous demander ce que vous diriez d'un homme qui, sous prétexte que la Céne ou la communion n'est pas absolument nécessaire, rejetteroit ce sacrement en disant qu'il le faut óter des assemblées chrétiennes, et qu'il n'est pas nécessaire de le conserver dans lEglise? Vous n'oseriez soutenir qu'avee cette erreur il fût digne du nom chrétien ni de la société du peuple