PARTIE III, N. LVIII, LIX
plique en ces termes dans le traité de l'Unité où il nous renvoie : « C'est, dit-il *, que tout ce que les chrétiens ont cru unanimement et croient encore, est fondamental. » Vous voilà done, mes chers Fréres, réduits à l'autorité, et à une autorité humaine : ou bien il faut avouer, avec les catholiques, que l'autorité de tous les chrétiens et de l'Eglise universelle qui les rassemble est une autorité au-dessus de l'homme.
Qu'ainsi ne soit : écoutez comme parle votre ministre : «M. Ni- rv.
nue CE 5 Le miniscole, dit-il ?, suppose que les sociniens pourroient rendre le rand ; À S En . pour loi le monde et l'Eglise socinienne ; et moi je suppose que la provi- Eee * * É ent de ieu as permettre cela. » Mais pourquoi ne le chrétiens,
dence de Dieu ne peut pas ttre cela. » Mais po Il
et suppose
peut-elle pas permettre? Pourquoi Dieu ne pourra-t-il plus rris comme autrefois laisser les nations aller dans leurs voies? ? si ce "^ n'est qu'il s’est engagé à toute autre chose, par l'alliance qu'il a contraetée avec son Eglise, et par la promesse qu'il a faite de la mettre à couvert de l'erreur ; ce qui est en termes formels l'infaillibilité que nous vous préchons.
Vous voyez donc plus clair que le jour, qu'il faut emprunter ux.
. b Le minisde nous tout ce qu'on dit pour vous affermir dans les fonde- ve at . . T. 594r Dn. - S clairement mens de la foi. Mais cependant ces vérités sont si étrangères à la que 1e conn » . , . sentement Réforme, qu'elle ne sait comment s'en servir. chat des . . ] . . « chrétiens Quelquefois M. Jurieu semble vouloir dire, que pour connoitre est dans e C à chaque un article comme fondamental, il nous suffit de le voir recu ac- temps 1« 14 , . marque tuellement de notre temps par tous les chrétiens de l'univers ; et cortaine i . - "une véc'est pourquoi il a dit, comme vous venez de l'entendre, que Dieu rité fon-
ne peut pas permettre aux sociniens d'occuper aujourd'hui toute rue l'Eglise. Remarquez qu'il ne le dit pas pour une fois et dans le seul Traité de l'Unité ; il avoit déjà dit dans son Système * que « Dieu ne sauroit permettre que de grandes sociétés chrétiennes se trouvent engagées dans des erreurs mortelles, et qu'elles y persévèrent longtemps. » Ce n'étoit donc pas seulement l'Eglise universelle , c'est-à-dire, selon ce ministre, l'amas des grandes sociétés chrétiennes; c'est encore chaque grande société qui est infaillible à cet égard. Enfin le méme ministre, dans ses Lettres
1Trait. VI, chap. vi, p. 561; Syst., liv. II, chap. 1, p. 237.— ? De P'Un., trait. vr, chap. vi; ibid., p. 567. — 9 Act., xiv, 15. — ^ Syst., liv. II, chap. 1, p. 237.
Que cet aveu du ministre démontre
que l'accusation qu'il nous fait sur l'idolâtrie est une manifeste calomnie :
aveu formel du ministre sur l'universalité du culte quil prétend idolâtre.
pastorales de la troisième année *, a rangé encore, parmi « les suppositions impossibles, celle où l'on diroit que le socinianisme ait pu gagner tout le monde ou une partie, comme a fait le papisme. »
Remarquez bien, mes chers Frères, encore un coup ; non-seulement Dieu ne peut pas avoir permis que l'hérésie qui rejette la divinité de Jésus-Christ ait occupé tous les siécles passés, mais encore il ne peut pas permettre aujourd'hui aux derniers défenseurs de cette hérésie, qui sont les sociniens, de tenir, je ne dis pas la première place, mais méme une grande place dans la chrétienté; en sorte qu'il nous suffit de voir cette hérésie actuellement rejetée par le gros des chrétiens d'aujourd'hui, et méme par une grande sociélé chrétienne, pour conclure sans avoir besoin de remonter plus haut, que cette hérésie est fondamentale.
Mais s’il est ainsi, mes chers Frères, s'il n’est pas possible à Dieu (après ses promesses) de laisser tomber les grandes sociétés chrétiennes dans le socinianisme, comment peut-on imaginer qu'il les ait laissées tomber dans l'idolátrie? C'est néanmoins ce qui seroit arrivé, si c'étoit une idolátrie d'invoquer les Saints, et d'en honorer les reliques comme fait l'Eglise romaine ; puisqu'il est certain que cette pratique lui est commune avec les Grecs, les nestoriens, les eutychiens, et en un mot avec toutes les communions que M. Jurieu a rangées parmi les grandes communions des chrétiens.
Et il ne faut pas répondre que les luthériens et les calvinistes qui sont aussi de grandes sociétés s'opposent à cette doctrine ; car il faut prendre les choses comme elles étoient avant votre séparation il y a environ deux cents ans. Or en cet état, mes Frères, cette invocation des Saints étoit universelle parmi les chrétiens : le fait est constant : M. Jurieu en convient : « Il y a deux cents ans, dit-il ?, qu'on eût eu bien de la peine de trouver une communion qui n'eüt pas invoqué les saints. » Par conséquent, de deux choses l'une : ou Dieu avoit laissé tomber non pas une communion, mais toutes les communions chrétiennes dans l'idolátrie,
1 Lett. x, p. 79. — ? De l'Un., trait. V1, chap. vi, p. 567.