PARTIE IIT, N. LXI
ou c’est une calomnie de donner ce nom à l'invocation des Saints dont nous usons.
Et il ne sert de rien de répondre, que. ce ministre ne dit pas absolument qu'il n'y avoit point de communion qui n'invoquát pas les Saints; mais qu'on eût eu de la peine à en trouver; car cette expression ne sert qu'à faire voir qu'il voudroit bien pouvoir déguiser un fait qui l'aecable. En effet, il est bien constant que s’il y avoit eu alors quelque grande société qui n’eût pas invoqué les Saints, on n'eüt point eu de peine à la trouver : ces grandes sociétés éclatent aux yeux de tout le monde; et leur culte, aussi publie que la lumière du soleil, ne peut être ignoré : ainsi on n'a point de peine à le trouver pour peu qu'on le cherche.
C'est donc en effet, mes Frères, qu'avant votre séparation il n'y avoit point de pareilles sociétés chrétiennes, oü l'on n'invoquàt pas les Saints : vous n'oseriez nous compter pour quelque chose les vaudois réduits à quelques vallées, et quelques hussites renfermés dans un coin de la Bohéme ; car il faudroit nous trouver de grandes sociétés, des sociétés étendues, et qui fissent figure dans le monde , comme parle votre ministre! : or celles-ci, loin d’être étendues, étoient réduites à de petits coins de très-petites provinces, et ne faisoient non plus de figure dans le monde que les sociniens, qui selon le même ministre n'en ont jamais fait, malgré les églises qu'ils ont eues dans la Pologne, et qu'ils ont peut-étre encore en Transylvanie.
C'est ici que le ministre accablé ne veut plus que le consente- GC ment actuel des sociétés chrétiennes soit un préjugé certain de la ires. come vérité : «Ce consentement ne fait preuve, dit-il?, que quand le Eos consentement des premiers siècles de l'Eglise y entre; » ce qui Dd
selon lui ne convient pas à la prière des Saints, inconnue dans eordoit an
consente-
son sentiment aux trois premiers siècles. Je le veux : mais, pre- ie . ue. e
mièrement, vous perdez d'abord votre cause contre les sociniens tous les
chrétiens,
sur l'immutabilité de Dieu et sur l'égalité des trois Personnes ; retombe
dans les
puisque vous Ótez aux trois premiers siècles la connoissance de mêmes
embarras ,
ces articles, comme on a vu *. Secondement, vous perdez encore en propo-
1 Syst., liv. II, chap. 1, p. 236. — ? De l'Un., trait. vi, chap. vi, p. 567. — 3 Voyez le siciéme Avert., | part., art. 1 et suiv., art, 5 et suiv.
sant pour Contre les mêmes hérétiques un avantage présent que vous aviez,
régle 1n- . . . . .
fallible e en leur faisant voir, par un fait certain et palpable, qu'ils sont consente- or die A pp ^ riis . . aA . , ment ds hérétiques, et d’une hérésie capitale, puisque nulle Eglise chrésiècles
passés, tienne qui ait quelque nom n'est aujourd'hui de leur sentiment. En troisième lieu, je reviens encore contre vous, et je ne cesse de vous dire : Si vous trouvez impossible que l'Eglise devienne socinienne, comment croyez-vous plus possible qu'elle devienne idolátre? Par conséquent tout ce que vous dites de notre idolâtrie n'est qu'illusion. En quatrième lieu, je vous soutiens que, par la méme raison que l'erreur n'a pu dominer dans les siècles précédens, elle ne peut non plus dominer dans le nótre, ou dans quelque autre qu'on puisse assigner; puisque s'il n'y a point de promesse de préserver l'Eglise d'erreur, tous les siècles y sont sujets; et s’il y a une promesse, tous les siècles en sont exempts. En cinquième et dernier lieu, sans cela le ministre ne dit rien. Son dessein est d'en venir au discernement des articles fondamentaux par le sentiment unanime de l'Eglise chrétienne, comme par un moyen facile au peuple, par conséquent sans discussion, selon ses principes. Or est-il que la diseussion seroit infinie, s'il falloit examiner par le menu la foi de tous les siècles précédens. Il faut donc trouver le moyen de faire, pour ainsi dire, toucher au doigt àchaque fidéle dans le siécle oü il est, en lui disant que par la promesse divine la foi d'aujourd'hui est la foi d'hier et celle de tous les siècles tant précédens que futurs; ce qui est précisément la doctrine de l'Eglise catholique.
x. — M.Jurieu voudroit bien dire, dans une de ses Lettres pastorales, ine que ce n'est ni au peuple, ni aux simples, mais seulement aua dédie da SQUQS, qu'il propose ce moyen de discerner les articles fonda- He De mentaux : mais en cela il continue à montrer qu'il raisonne sans le conset. principes, et qu'il parle sans sincérité; puisqu'il vient encore pd d'écrire le contraire dans la cinquième lettre de son Tableau, où mais il est après avoir établi, comme on a vu, que l'importance des mystères dy. rejetés par les sociniens se connoit entre autres choses par leur odi antiquité, il ajoute, que « les peuples sachant que [c'est la foi Ae voa universelle de l'Eglise de tous les temps, ne peuvent que très-
d'autorité. V ? à . x . x : por malaisément être induits à croire que ces mystères sont indiffé-