‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 5)Chapitre 97 sur 403 · PARTIE I, N. LXVI · texte numérisé non relu

PARTIE I, N. LXVI

elle-même distingue les points fondamentaux d'avec les autres 5; tre abuso car il sait bien que le dessein de cette Eglise n’est pas de retenir su a dans son sein ceux qui en recevant ces points principaux nieroient »oxüoe. les autres qu’elle a reconnus pour expressément révélés : au contraire dés qu'on rejette quelqu'un de ces articles , quel qu'il soit, elle croit qu'on renverse le fondement, et qu'on ébranle autant qu'il est en soi la pierre sur laquelle la foi du fidèle est — . appuyée. L'Eglise romaine avoue donc qu'il y a quelques articles principaux qu'il n'est pas permis d'ignorer; et la méme autorité de l'Eglise, qui lui en fait trouver la vérité dans la parole de Dieu, lui en apprend aussi la conséquence; mais elle ne dit pas pour cela qu'il soit permis de nier les autres points également révélés et unanimement recus, parce qu'il n'y en a aucun qui ne soit d'une extréme importance, nécessaire au corps de l'Eglise, et méme aux particuliers en certains cas, comme nous l'avons dit ailleurs.

On peut voir ce qui est écrit sur cette matiére dans le livre XV des Variations, et dans notre premier Avertissement. Maintenant il me suffit d'avoir fait voir par l'exemple de M. Jurieu, d'un côté, que la Réforme est contrainte de se servir contre ses propres principes de la voie d'autorité ; et de l'autre, qu'elle ne sait pas comment il s'en faut servir, et qu'elle en doit apprendre l'usage de l'Eglise catholique dont elle l'a empruntée.

Il est maintenant aisé de voir combien elle est éloignée de ses rxvu.

premières maximes. On n'y entendoit autrefois que ces plausibles n con. discours par lesquels on flattoit le peuple : Nous ne vous en impo- zu«dess sons pas : lisez vous-mêmes ; examinez les Ecritures : vous en- eger: tendrez tout ; et les secrets vous en sont ouverts, du moins pour ‘nuit ee les vérités nécessaires. Le même langage subsiste ; mais la chose ment risest bien changée. On veut, mes Frères, que vous portiez à la lec- dien

ture des saints Livres votre foi toute formée par la voie d'autorité. sages du

REM. : synode de On vous propose cette autorité dans le consentement unanime de «pu, c à 5 N $ * ? proposé l'Eglise universelle: ce qu'on y a ajouté de ce goût, de cette adhé- amas owe aes

sion, de ce sentiment qui vous rend toute vérité aussi manifeste Torte que la lumière du soleil, n'est encore que l'autorité expliquée en 1 De ÜUn., trait. vi, chap. 111, p. 537 et suiv.

d’autres termes. Tout cela ne signifie autre chose, à parler fran-

cois, si ce n'est que vos préjugés et vos Confessions de foi vous déterminent, ou, comme disoit tout à l'heure l'auteur des Avis,

que l'autorité de vos catéchismes et de votre église vous emporte.

En effet, il est bien constant que les remontrans furent d'abord excommuniés comme suivant une doctrine contraire aux Confessions de foi et aux catéchismes recus dans les Provinces-Unies.

C'est ce qui est posé en fait comme constant dans Y Histoire des Variations?, c'est ce que M. Basnage n'a osé nier dans la Réponse

qu'il y fait; on n'a qu'à lire les endroits où il traite cette matière.

Bien plus : comme les remontrans se servoient des maximes de

la Réforme pour prouver que les synodes qu'on tiendroit contre

eux ne lieroient pas leur conscience, celui de Delpht leur répon-

dit que « Jésus-Christ, qui avoit promis à ses apôtres l'Esprit de vérité, avoit aussi promis à son Eglise d'étre toujours avec elle*;»

d'où il concluoit « que lorsqu'il s'assembleroit de plusieurs pays

des pasteurs pour décider selon la parole de Dieu ce qu'il faudroit enseigner dans les églises, il falloit avec une ferme confiance se persuader que Jésus-Christ seroit avec eux selon sa promesse. »

ixvu. M. Basnage a vu ce passage dans l'Histoire des Variations, et & M. Bes. SA réponse aboutit à trois points. Il soutient premièrement, qu'étre pone de. avec l'Eglise, ce n'est pas «la conduire tellement qu'elle ne puisse Laden errer : » Secondement, « que cette infaillibilité , quand elle seroit Fr promise par ces paroles, ne seroit pas pour cela communiquée à une certaine assemblée de prélats : » Troisièmement, « que les réformés espérent bien de la grace de Dieu que l'Eglise n'errera

pas dans ses jugemens ; qu'ils le présument par un jugement de charité; qu'ils ont méme quelque confiance que Dieu conduira l'Eglise par son esprit, afin que ses décisions soient conformes à

la vérité; mais ils ne disent pas queleurs synodes ne peuvent errer*.» C'est ce que j'admire, que n'osant le dire en ces mémes

mots, ils le disent équivalemment. Car le synode provincial de Delpht, lu et approuvé dans le national ef comme œcuménique de

1 P..20. —? Var., liv. XIV, n. 19. — 3 Tom. H, liv. IL, chap. 11, p. 38. — 4 Syn. Delph., Act. Dordr. Syn., p. 16; Var., ibid., n. 75. — 5 Tom. I, liv. III, chap. 1i, p. 91.

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