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L'Apocalypse avec une explication. — Lorsque le père de la Réforme
eut arboré publiquement le drapeau de la révolte, il annonca que le Pape étoit l'Antechrist, l'Eglise romaine la prostituée de Babylone, et le culte catholique l'idolàtrie paienne; Jésus-Christ alloit renverser cet échafaudage d'erreurs, de crimes et d'abominations par le souffle de sa bouche, c'est-à-dire par l'éloquence et par les prières de Luther méme. Car « ma prière, disoit-il, est un rempart invincible, plus puissant que le diable; » et encore : « Tous les monastères sont ravagés par ma plume et par ma parole, et on publie que j'ài moi seul plus fait de mal au Pape que n'auroit pu lui en faire aucun roi avec toutes les forces de son royaume ?. »
De ce cóté du Rhin, le synode de Gap, en 1603, ramassa les niaises rèveries de Luther pour en faire autant d'articles de foi. Le bon sens et la pudeur protestoient vainement jusqu'au sein de la Réforme : en
1 Edition de Vers., vol. lll, p. 4, lig. 6. L'édition de Versailles a été copiée servilement par toutes celles qui lui sont postérieures, on la cite ici parce qu'elle est la plus connue.— ? Ibid., p. 7, lig. 22.— 3 Ibid., p. A 1.— * Ibid., p. 34.— 5 Ibid., 54 et 57. — 6 Jbid., 56. —" Ibid., 69. — 8 Ibid., 46, — 9 Epist, ad Georg. Duc. Bax., tom. 1I, p. 491; tom, VIII, p. 507, ;