SUR LA PASSION ET LE DÉLAISSEMENT DE NOTRE-SEIGNEUR
$1. Remarques préliminaires, où l'on présuppose quelques vérités constantes,
Pour conduire les plus ignorans et les plus simples, pourvu seulement qu'ils soient attentifs à la parfaite intelligence de'ce divin Psaume et de toute la prophétie qu'il renferme, je remarquerai avant toutes choses quelques vérités qui y prépareront les voies. |
La première, que ce Psaume est constamment de David, puisque de tout temps et dans tous les textes, et dans l’hébreu comme dans les Septante, il est toujours intitulé : Cantique de David.
La seconde présupposition, c'est qu'il est familier aux prophètes de parler en la personne de celui dont ils annoncent les événemens, et principalement de Jésus-Christ : et c’est pourquoi cet eunuque si attaché à la lecture des saints Livres, lorsqu'il trouve ces mots dans Isaie : « Il a été conduit à la mort comme une brebis,... et il n'a pas ouvert la bouche, » la première pensée qui lui vient, c'est de demander à son interprète : «Je vous prie, est-ce de lui-même que parle le prophète, ou de quelqu'autre * ? »
La troisième présupposition, c'est qu'il appartient à David plus qu'à tout autre, de parler au nom de Jésus-Christ, parce qu'il en est le père, la figure et le prophète.
C'est à peu près le raisonnement que fait l'apótre saint Pierre, lorsque trouvant dans le Psaume xv ces mots prononcés en premiére personne : « J'avois toujours Dieu présent à mes yeux, parce qu'il est à ma droite pour me protéger :... Vous ne
4 Act., virt, 28, 30, 32; Isa., ruit, 7T. |