‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 417 sur 588 · S. JÉRÔME. SEPT. VULG · texte numérisé non relu

S. JÉRÔME. SEPT. VULG

32. Ils viendront, et ils annon-| 32. La race qui doit venir sera ceront sa justice au peuple qui |annoncée au Seigneur (on en récinaitra, et qu'il a fait. tira la eonversion devant lui et

dans l'assemblée du peuple saint) :

et les cieux annonceront sa justice au peuple qui naitra, et que le Seigneur à fait lui-même.

8 V. Observations sur les textes.

1. Ceux qui seroient surpris des diversités de l'hébreu et des Septante, peuvent entendre aisément que les Septante auront vu des exemplaires où il y aura quelque différence, et même quelque chose d'ajouté par manière d'interprétation : mais que ces différences étant légéres et n'altérant en aucune sorte le sens, on les a laissées passer sans croire y devoir apporter beaucoup d'attention.

2. On doit done ici observer que les diversités qu'on a remarquées , tant dans le titre que dans le texte , laissent , non-seulement la méme substance, mais encore les mêmes mots essentiels, sans qu'il y ait le moindre changement.

3. Ce qu'il y a d'important dans le titre , c'est que d'un cóté on y trouve que ce psaume est un Cantique et un Psaume de David : Canticum David, Psalmus David, comme il a déjà été dit; et d'autre part , que le reste du titre n'est d'aucune conséquence , et n'a rien de clair ni de certain.

4. On verra aussi d'un coup d'eeil que ce qu’il y a d'essentiel , c'est-à-dire les mains et les pieds percés, le dénombrement des os, les habillemens partagés ou joués , les louanges que le délaissé jusqu'à la mort de la croix doit donner à Dieu dans l'assemblée des fidèles et au milieu de l'Eglise, et la conversion des gentils, se trouvent également, dans les deux textes, exprimés par les mêmes termes.

5. Il est remarquable que Jésus-Christ en commençant ce psaume à la croix, l'a prononcé selon lhébreu : il n’a pas dit avec les Septante : « O Dieu, mon Dieu! regardez-moi : pourquoi m'avez-vous délaissé? » mais il a dit simplement selon l'hébreu : «Mon Dieu, mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous délaissé ? » Ce qui

nous donnera lieu de conformer à l'hébreu toute notre explication, comme étant plus net et plus précis, sans néanmoins omettre entierement les Septante , dont nous donnerons en peu de mots

une explication à part. Nous allons donc commencer par l'explication du texte hébreu selon saint Jéróme, pour le suivre sans interruption jusqu'à la fin. ;

6. Et comme nous avons prouvé par la conférence des textes que ce psaume se rapporte à une seule et méme personne , nous ferons aussi voir que tout regarde naturellement, littéralement et uniquement Jésus-Christ.

& VI. Explication du Psaume xxr selon saint Jérôme, et sa division en deux parties.

Chargé des péchés du monde, Jésus-Christ qui vouloit nous faire sentir que ce divin psaume étoit tout à lui, depuis le premier mot jusqu'au dernier, le commença sur la croix avec un grand cri, pour nous apprendre à le continuer dans le méme sens ,et pour ainsi dire sur le méme ton; et poussa en son propre nom jusqu'au ciel, qui lui paroissoit implacable, cette plainte : « Mon Dieu , mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous délaissé 1 ? »

Les évangélistes remarquent expressément cette violente clameur, lorsqu'ils disent « qu'à la neuviéme heure Jésus-Christ S'écria : Mon Dieu , mon Dieu? ! » et le reste que nous venons de réciter. Saint Paul dans l’Zpitre aux Hébreux, joint les larmes à ses cris?; et si Jésus a pleuré si amérement sur la ruine prochaine de Jérusalem, s'il a pleuré Lazare mort, encore qu'il l'allát ressusciter, on doit bien croire qu'il n'aura pas épargné ses larmes sur la croix , où il déploroit les péchés et les misères du genre humain. Ce fut donc «avec un grand cri et beaucoup de larmes, » quil prononca ces paroles : « Mon Dieu, mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous délaissé 5 ? » |

Ces mots contenoient aussi en abrégé tout l'essentiel de son supplice dans le personnage qu’il faisoit alors de pécheur, puisque la propre punition du pécheur, c'est d’être délaissé de Dieu qu'il

: 1 Matth., XxVit, 46. — ? Marc., xv, 34, — 3 Heb botte | vu, 46; Marc., Xv, 34. rue ebr., v, T. Ibid. dro

8 VI. EXPLICATION. 275 a quitté le premier, pour être livré à ses ennemis et à soi-même. Or, pour entendre comment Jésus-Christ qui étoit la sainteté même, a pu devenir pécheur, il faut se souvenir avant toutes choses qu'il ne l'est pas devenu par une sainte fiction, mais selon la vérité de cette parole : « Dieu a mis sur lui l'iniquité de nous tous * ; » et encore : « Il a porté nos péchés dans son corps sur le bois » de la croix, « afin que, morts au péché, nous vivions à la justice? ; » et encore : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l'a fait péché pour nous, afin que nous fussions faits en lui jüstice de Dieu ?. »

Quiconque se rend caution , se rend véritablement débiteur : Jésus-Christ s'est obligé à nous acquitter envers la justice de Dieu, en sorte qu'aucuns péchés ne seront remis, que ceux dont il aura porté la peine; ni aucuns pécheurs réconciliés , sinon ceux pour qui il aura, non-seulement répondu, mais encore payé la dette en toute rigueur de justice. Ainsi il a exprimé tout le fond de son supplice, quand il a crié avec tant de force : « Pourquoi m'avezvous délaissé ? » et ces paroles emportent qu'il va être livré à ses ennemis et à soi-même. Il est débiteur : il est tenu de tous les péchés du monde : il est pécheur en ce sens trés-véritable : tous les péchés des hommes sont les siens : il est victime pour le péché : tout pénétré de péchés , péché lui-même pour ainsi dire. Dieu ne voit plus en lui que le péché dont il s'est entièrement revêtu ; il ne peut plus le regarder que de l’œil d'un exacteur rigoureux, qui selon l'ordre de la justice , lui redemande la dette dont il s'est chargé ; et dans cette vue, il ne lui est plus désormais qu'un objet d'horreur.

Il ne faut donc pas s'étonner si nous allons voir Jésus-Christ abandonné au dedans et au dehors: au dehors, à la cruauté de ses ennemis; au dedans, à ses propres passions dont il avoit la vivacité et le sentiment, quoiqu'il n'en eüt pas le désordre , c'està-dire à une tristesse mortelle , à ses frayeurs , à son épouvante incroyable : à une longue et accablante agonie : à une entière désolation , que nous pouvons bien appeler découragement , par rapport à ce courage sensible qui soutient l'ame parmi les souf-

1 [sa., Lin, 6. — ? I Petr. 11, 24. — ? II Cor., v, 21.

frances : telles sont les plaies intérieures de Jésus-Christ, bien plus rudes, et pour ainsi dire plus insupportables que celles de ses mains et de ses pieds. Les évangélistes les ont rapportées, et nous verrons que David ne les oublie pas; car il a tout vu, et il a aussi bien connu les circonstances du délaissement de Jésus- Christ, que s'il avoit été présent à toutes ses actions et à toutes ses paroles.

Mais quelque délaissé que soit le juste, il revient toujours à Dieu. Il semble que le Fils de Dieu soit poussé à bout; mais ce n'est pas sans retour : il persiste à prier son Père : quoique son Père paroisse déterminé à sa perte, à ce coup il exauce sa prière : il lui rend Ja vie : et en récompense de la soumission qu'il a pratiquée parmi les horreurs de son délaissement , il lui accorde, non-seulement la conversion de ses frères, mais encore celle des gentils , l'établissement de l'Eglise et l'exaltation de son nom par toute la terre. |

C'est ce qu'exécute David dans ce psaume plutôt historique que prophétique ; tant sont précises les circonstances du crucifiement de Jésus-Christ , que Dieu lui montre en esprit , et tant sont fidélement rapportées les suites glorieuses d'un délaissement si étrange : c'est ce que nous allons voir plus expressément, en pesant toutes les paroles de ce divin psaume.

Et comme Jésus-Christ y méle sa mort douloureuse avec sa glorieuse résurrection, i faudroit, pour entrer dans son esprit, faire succéder au ton plaintif de Jérémie, qui seul a pu égaler les lamentations aux calamités , le ton triomphant de Moïse , lorsqu'après le passage de la mer Rouge , il a chanté Pharaon défait en sa personne, avec son armée ensevelie sous les eaux. Heureux ceux qui en récitant ce divin psaume , se trouveront avec Jésus- Christ, si saintement contristés et si divinement réjouis ! C'est tout le dessein de cette interprétation.

S VII. Première partie du Psaume, où est exprimé le délaissement de Jésus-Christ,

Verset 2 : « Mon Dieu, mon Dieu! pourquoi m'avez-vous délaissé? » On ne sauroit trop remarquer que ce sont les propres

8 VII. PREMIERE PARTIE DU PSAUME. 2r

paroles par où Jésus-Christ a commencé le psaume , et qu'illes a proférées selon l'hébreu.

Au reste ce n'est pas ici une plainte comme on la peut faire dans l'approche d'un grand mal : Jésus-Christ parle sur la croix, où il est effectivement enfoncé dans l'abime des souffrances les plus accablantes : et jamais le délaissement n’a été si réel, ni poussé plus loin, puisqu'il l'a été jusqu'à la mort, et à la mort de la eroix, qui par une horreur naturelle faisoit frémir en Jésus- Christ son humanité tout entière. « La voix de mon rugissement. est bien éloignée de mon salut. » ( La voix de mon rugissement ne suffit pas pour empécher que mon salut ne s'éloigne.) Mes. cris, quoique semblables par leur violence au rugissement du lion, n'avancent pas le salut que je demande, et rien ne me peut sauver de la croix : Dieu demeure toujours inexorable , sans se laisser adoucir par les cris de l'humanité désolée.

Verset 3: « Mon Dieu, je crierai pendant le jour, et vous ne m'écouterez point; et la nuit je ne garderai pas le silence. » L'état du délaissé est déplorable : dans les approches de sa mort, il passe les jours et les nuits à réclamer le secours d'un Dieu irrité ; il n'obtient rien par ses cris, et àla eroix il se sent tellement délaissé de Dieu, qu'il semble qu'il n'ose plus l'appeler son Pére comme auparavant : il ne le nomme que son Dieu. Eli, Eli : «Mon Dieu , mon Dieu'!» Ce n'est plus celui qui disoit : « Mon Père, je sais que vous m'écoutez toujours?: » c'est un Dieu offensé qui refuse de l'entendre, et il demeure destitué de toute assistance.

Verset 4 : « Mais vous, Ô Saint, qui habitez (au milieu de nous) et qui êtes la louange d'Israél ( qui en faites le perpétuel sujet) : » c’est-à-dire, vous qui demeurez au milieu de votre peuple et qui faites le sujet perpétuel de ses louanges. Il ne cesse de célébrer vos miséricordes : toutes les prières abordent à vous des extrémités de la terre et des mers les plus éloignées : nos pères y ont eu recours, et ce n’a pas été inutilement, et je suis le seul que vous ne voulez plus entendre. C'est ce qu'il explique dans la suite de la maniere du monde la plus touchante.

' Matth., XxviI, 46. — ? Joan., X1, 42.

Verset 5: « Nos pères se sont confiés en vous : ils s'y sont confiés, et vous les avez sauvés. »

Verset 6. « Ils ont poussé leurs cris jusqu'à vous, et ils ont été sauvés : ils ont mis en vous leur confiance , et ils n'ont point été confondus. »

Verset 7. « Mais pour moi je suis un ver de terre , et non pas un homme : l'opprobre des hommes et le mépris (ou le rebut ) du peuple. » Comme s'il eüt dit : Notre pére Abraham a réclamé votre secours , et vous avez livré entre ses mains les dépouilles des cinq rois qui avoient mis au pillage ses alliés, et qui enlevoient son neveu Lot : notre père Isaac vous a réclamé , et vous l'avez délivré de l'oppression des rois et des peuples de la Palestine : notre père Jacob vous a réclamé , et vous l'avez délivré lui et sa famille des mains de son beau-père Laban et de son frère Esaü : notre père Joseph a pareillement réclamé votre saint nom, et vous l'avez retiré de la prison pour le faire gouverneur de l'Egypte : nos peres les Israélites ont poussé leurs cris vers vous , et vous les avez affranchis du joug de fer des Egyptiens et de la tyrannie de Pharaon : enfin nul n'a imploré votre secours , qu'il n'ait ressenti des effets de votre bonté : mais pour moi, dans ce jour de désolation et d'horreur , je ne suis plus considéré comme un homme; on ne garde avec moi aucune mesure; je ne suis qu'un ver de terre, qu'on croit pouvoir écraser impunément et sans qu'il ait droit de se plaindre : je suis l'opprobre des hommes, et vous les laissez tout entreprendre contre moi : mon juge, méme en reconnoissant mon innocence, ne laisse pas de m'envoyer àla croix, et de me sacrifier à sa politique comme un sujet odieux et qui n'est d'ailleurs d'aucun prix parmi les hommes. C'est ce qu'il va encore exprimer par les paroles suivantes.

Verset 8 : « Tous ceux qui me voient se moquent de moi avec insulte : ils remuent leurs lèvres (par un ris moqueur ): ils branlent la tête ( d'une manière insultante ). » C'est ce qui fut accompli, lorsque par une dérision sanglante, « ceux qui passoient devant sa croix blasphémoient contre lui , et branloient la téte ,» en lui criant : « Toi qui détruis le temple de Dieu et qui le rebátis en

S8 VII. PREMIÈRE PARTIE DU PSAUME. 219 trois jours, sauve-toi toi-même, » et le reste, qui est rapporté par les évangélistes !.

Verset 9: « Il a eu recours au Seigneur , qu'il le sauve : quil le délivre , puisqu'il l'aime. » C'est le reproche que met David en la bouche des ennemis de Jésus-Christ. Nous ne lisons pas dans l'histoire de ce prince qu'on lui ait jamais fait un tel reproche , quoique nous y voyions tout au long les sanglants outrages ou les imprécations d'un Séméi. Il n'y a que Jésus-Christ seul en qui cette plainte ait un accomplissement littéral : car David ne fait autre chose en cet endroit, que de rapporter en abrégé ce qu'ont écrit de Jésus-Christ les évangélistes, que «les princes des prêtres se moquèrent aussi de lui avec les docteurs de la loi et les sénateurs, en disant : Il a sauvé les autres , et il ne sauroit se sauver lui-même. S'il est le roi d'Israël, qu'il descende présentement de la croix, et nous croirons en lui: il met sa confiance en Dieu; si donc Dieu l'aime, qu'il le délivre, puisqu'il a dit : Je suis le Fils de Dieu ?. »

I] faut ici remarquer en particulier ces paroles : « Qu'il le délivre, puisqu'il l'aime, » que David n'a pas oubliées, et qui contiennent tout l'essentiel du reproche qu'on faisoit à Jésus-Christ.

Dieu a permis que ce prophète ait vu en esprit toute la substance des blasphémes que ces bouches impies vomissoient contre Jésus- Christ; mais le Saint-Esprit, qui a voulu que David les rapportát en abrégé, les a étendues plusieurs siècles avant Jésus-Christ dans le livre de la Sapience, qui fait prononcer ces paroles aux impies contre le juste : «Il se glorifie d'avoir Dieu pour Père : voyons done si ses discours sont véritables, et quelle sera l'issue de ses entreprises : s'il est vraiment le Fils de Dieu, il saura bien le protéger et le délivrer des mains de ses ennemis ?; » et le reste. C'est aussi ce que disoient les Juifs : « S'il est le Fils de Dieu, qu'il deseende de la croix, et nous croirons en lui : » ils croyoient avoir forcé Dieu à le désavouer pour son Fils, et méme ils lui font un crime de sa confiance. Dieu a voulu que les anciens justes, qui ont précédé Jésus-Christ, aient vu ces cruels reproches comme

1 Matth., xxvit, 39, 40; Marc., xv, 2 30; Ei xxi, 35. — ? Matth., XAVU, 41-43 et seq. — ? Sap. . i, 16, 17, 18.

l'expiation de leurs crimes, et pour étre leur consolation dans leurs souffrances.

Aprés avoir exprimé l'abandonnement de Jésus-Christ, en le comparant avec les pères qui n'ont pas invoqué Dieu inutilement, David vient à Jésus-Christ méme, et il remarque qu'il n'a pas toujours été traité avec cette dureté; c'est le sujet de ces paroles du psaume :

Verset 40 : « Vous êtes néanmoins mon défenseur dès le ventre de ma mére, ma confiance dés le temps que j'en sucois la mamelle. »

Verset 41 : (En sortant) « du sein de ma mère, j'ai été jeté entre vos bras : dés le ventre de ma mére, vous étes mon Dieu. »

Verset 12 : « Ne vous éloignez pas de moi, maintenant que la tribulation (la grande affliction) approche, et que je n'ai aucun secours; » comme s'il eût dit : D'oà vient ce changement? vous ne m'avez pas toujours délaissé de cette sorte. En effet, à peine étoit-il entré au monde, qu'il causa de la jalousie à de grands rois, et le vieil « Hérode le chercha pour le perdre‘ : » mais Dieu ne le délaissa pas alors, et son ange lui fit trouver un asile dans l'Egypte : « le méme ange ne le rappela dans la terre d'Israél qu'après la mort de ceux qui en vouloient à la vie de l'enfant ?. » Car Hérode avait laissé des instructions contre lui dans sa famille : c'est pourquoi comme Archélaüs son fils régnoit en Judée, l'ange prit soin de le soustraire à sa vue, et lui fit faire son séjour à Nazareth?, qui n'étoit pas du royaume de ce prince. Qui jamais avoit recu tant de marques dans son enfance de la protection divine, et qui fut jamais plus abandonné à la fin de sa vie?

Il veut done ici qu'on observe distinctement qu'il n'est sorti du sein de sa mère, que pour être comme jeté entre les bras de Dieu : et aprés le tendre souvenir de cette protection passée, il va entrer dans le récit de ses maux présens, où, comme il vient de le dire, à la lettre, il ne trouvoit aucun secours, parce que « c’étoit l'heure de ses ennemis et de la puissance des ténèbres *. »

Les ennemis de Jésus étoient tous les hypocrites et tous les méchans; de sorte que jamais haine ne fut plus envenimée, ni plus

1 Matth., t, 13, 16. — ? Ibid., 14, 19, 20, 22, 23. — ? Ibid. — * Luc., xxr, 53.

Page 1