‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 109 sur 392 · DU MALE. SECONDE GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

DU MALE. SECONDE GÉNÉRATION

Le mâle et la femelle de la première génération, nés le 6 juin 1773, se sont aecouplés le 30 décembre 1775 , et la femelle a mis bas quatre petits le 3 mars 1776 ; elle était donc âgée de deux ans et environ sept mois lors-

CHIENS-MULETS

qu’elle est entrée en chaleur, et la durée de la gestation a été de soixantetrois jours, c’est-à-dire égale au temps de la gestation des chiennes. Dans cette portée de quatre petits il n’y avait qu’un mâle et trois femelles, dont deux sont mortes peu de temps après leur naissance, et il n’a survécu que le mâle et la femelle dont nous allons donner la description , prise en deux temps différents de leur âge.

Au 3 de septembre 1776, c’est-à-dire à l’âge de six mois, ce jeune mâle avait les dimensions suivantes :

Pieds, Pouces.

Longueur du corps entier, mesuré en ligne droite depuis le bout du nez jus-

qu’à l’origine de la queue 2 2

Hauteur du train de devant 1 6

Hauteur du train de derrière 1 5

Longueur du museau jusqu’à l’occiput » 7

Distance du bout du museau jusqu’à l’œil » 2

Distance de l'œil à l’oreille » i

Longueur de l’oreille » 4

Largeur de l’oreille à sa base. » 2

Longueur de la queue » 9

Depuis le ventre jusqu’à terre » 9

Ligrnec.

Il n’a pas été possible de prendre ces mêmes dimensions sur le père mâle, à cause de sa férocité. Ce même naturel paraît s’être communiqué, du moins en partie, au jeune mâle, qui dès l’âge de six mois était farouche et sauvage; son regard et son maintien indiquaient ce caractère. S’il voyait un étranger, il fuyait et allait se cacher; les caresses ne le rassuraient pas, et il continuait à regarder de travers l’objet qui l’offusquait; il fronçait les sourcils, tenait sa tête baissée et sa queue serrée entre ses jambes ; il frémissait et tremblait de colère ou de crainte, et paraissait se défier alors de ceux qu’il connaissait le mieux; et s’il ne mordait pas, c’était plutôt faute de hardiesse que de méchanceté. L’homme qui en avait soin avait beaucoup de peine à le reprendre le soir dans les jardins, où il était avec ses père et mère pendant le jour. Il avait , comme son père et sa grand’mère louve, la queue longue et traînante, et tenait de son père et de son grand-père chien, par la tête, qui était assez ramassée, par les orbites des yeux, qui étaient à peu près horizontales, et par l’intervalle entre les yeux, qui était assez petit. Par tous ces caractères il ressemblait exactement à son père, mais il avait les oreilles plus grandes à proportion de la tête; elles étaient pendantes sur presque toute leur longueur, au lieu que celles du père n’étaient courbées qu’à leur extrémité sur environ un tiers de leur longueur. Il différait encore de son père par la couleur du poil, qui était noir sur le dos, sur les côtés du corps, le dessous du cou et de la queue, et par une bande de même couleur noire qui passait sur le front, et qui aboutissait entre les oreilles et les yeux. Le poil était mélangé de fauve, de gris et de

CHIENS-MULETS

noir sur le haut des cuisses, le derrière des épaules, le dessus et les côtés du cou , et un peu de roussâtre tirant sur le brun dans la bande qui passait sur le front; le poil du ventre était fort court, aussi rude au toucher, et aussi grisâtre que celui d’un vrai loup.

Le sommet de la tête, le tour des yeux, les côtés et le dessus du nez, le dehors des oreilles et le dessus des jambes étaient couverts d’un poil de couleur roussâtre ou jaunâtre, mêlé de brun seulement sur le bord extérieur des oreilles jusqu’à leurs extrémités et sur le sommet de la tête; cette couleur jaunâtre était plus pâle sur la face intérieure des jambes de devant. La partie supérieure de la face intérieure des cuisses, ainsi que celle des jambes, le devant de la poitrine, le dessous de la queue, le tour de l’anus, le dedans des oreilles, le bas des joues et toute la mâchoire inférieure étaient d’un blanc sale mêlé d’un jaune pâle en quelques endroits; les oreilles étaient bordées à l’intérieur de cette même couleur jaunâtre, et l’on en voyait des traces au-devant de la poitrine et sous la queue. Les jambes de devant étaient comme celles des chiens, mais celles de derrière étaient coudées, et même plus que celles du père; elles étaient un peu torses en dedans : il avait aussi les pieds à proportion plus forts que ceux de son père et de sa mère. Il avait les ongles noirs ainsi que le dessous des pieds aux endroits qui étaient sans poils, et ce dernier caractère lui était commun avec son père et sa mère.

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