‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 139 sur 392 · Voyez la note 1 de la page 639 du II® volume · texte numérisé non relu

Voyez la note 1 de la page 639 du II® volume

ADDITIONS

équivoque ; ainsi l’on ne serait pas fondé à assurer que l’ours des mers du Nord est d’une espèce particulière, uniquement parce qu’il est blane et qu’il est plus grand que l’ours commun La différence dans les habitudes ne me paraît pas plus décisive que celle de la couleur et de la grandeur; l’ours des mers du Nord se nourrit de poisson ; il ne quitte pas les rivages de la mer, et souvent même il habite en pleine eau sur des glaçons flottants; mais si l’on fait attention que l’ours en général est un animal qui se nourrit de tout, et qui, lorsqu’il est atfamé, ne fait aucun choix, si l’on pense aussi qu’il ne craint pas l’eau, ces habitudes ne paraîtront pas assez différentes pour en conclure que l’espèce n’est pas la même; car le poisson que mange l’ours des mers du Nord est plutôt de la chair; c’est principalement les cadavres des baleines, des morses et des phoques qui lui servent de pâture, et cela dans un pays où il n’y a ni autres animaux, ni grains, ni fruits sur la terre, et où par conséquent il ne peut subsister que des productions de la mer ; n’est-il pas probable que si l’on transportait nos ours de Savoie sur les montagnes de Spitzberg, n’y trouvant nulle nourriture sur la terre, ils se jetteraient à la mer pour y chercher leur subsistance?

La couleur, la grandeur et la façon de vivre ne suffisant pas, il ne reste pour caractères dilférentiels que ceux qu’on peut tirer de la forme : or tout ce que les voyageurs en ont dit se réduit à ce que l’ours des mers du Nord a la tête plus longue que notre ours, le corps plus allongé, le poil plus long, et le crâne beaucoup plus dur. Si ces caractères ont été bien saisis, et si ces différences sont réelles et considérables, elles suffiraient pour constituer une autre espèce; mais je ne sais si Martens a bien vu , et si les autres, qui l’ont copié, n’ont pas exagéré ^ « Ces ours blancs, dit-il, sont « faits tout autrement que les nôtres; ils ont la tête longue, semblable à « celle d’un chien, et le cou long aussi ; ils aboient presque comme des « chiens qui sont enroués; ils sont avec cela plus déliés et plus agiles que « les autres ours; ils sont à peu près de la même grandeur; leur poil est « long et aussi doux que de la laine; ils ont le museau, le nez et les

« grilfes noires On dit que les autres ours ont la tête fort tendre; mais

« c’est tout le contraire pour les ours blancs : quelques coups de massue « que nous leur donnassions sur la tête, ils n’en étaient point du tout « étourdis, quoique ces coups eussent pu assommer un bœuf.» On doit remarquer dans cette description : 1“ que l’auteur ne fait pas ces ours plus

a. « Ursiis in Polonia variât, maximus nigricans, minor Mvus, minimus argentinus, in

« conCniis Mosclioviæ pilis nigris et argentei coloris mixti ex urso occiso pellis detracta

« l'ere ad ulnas sex protendcPatur in terra Cbelmensi , altéra in Palatinatu Braclaviensi, tertia

« ad nliias quinque in Bondargouto pago Palatinatus Pomeraniæ non raro ex Littmania

« advehuntur Gedanum pelles octo pedum. » Rzaczinski. Auct., p. 322. — Nota. Ce passage prouve qu’il y a des ours terrestres Idancs et aussi grands que les ours blancs des mers du Nord,

l. Anderson , dans son Histoire d'Islande et de Groenland, t. II , p. 47. Ellis dans son Voyage de la baie d’Hudson , t. I , p. 66.

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