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VARIÉTÉS DANS LES CHIENS. 3H
était au-dessus de toute expression". D’après cette notice, il paraît que ces chiens prétendus de Sibérie sont plutôt de la race de ceux que j’ai appelés chiens d’Islande, qui présente un grand nombre de caractères semblables à ceux qui sont indiqués dans la description ci-dessus.
« Je me suis informé (m’écrit M. Collinson) des chiens, de Sibérie ; « ceux qui tirent des traîneaux et des charrettes sont de médiocre gran- «deur; ils ont le nez pointu, les oreilles droites et longues; ils portent « leur queue recourbée, quelques-uns sont comme des loups, et d’autres « comme des renards, et il est certain que ces chiens de Sibérie s’accou- « pleut avec des loups et des renards. Je vois, continue M. Collinson, par a vos expériences, que quand ces animaux sont contraints ils ne veulent « pas s’accoupler ; mais en liberté ils y consentent : je l’ai vu moi-même « en Angleterre pour le chien et la louve, mais je n’ai trouvé personne qui « m’ait dit avoir vu l’accouplement des chiens et des renards; cependant, « par l’espèce que j’ai vu venir d’une chienne qui vivait en liberté dans les « bois, je ne peux pas douter de l’accouplement d’un renard avec cette « chienne. Il y a des gens à la campagne qui connaissent cette espèce de «mulet, qu’ils appellent chiens-renards »
La plupart des chiens du Groenland sont blancs, mais il s’en trouve aussi de noirs et d’un poil très -épais; ils hurlent et grognent plutôt qu’ils n’aboient; ils sont stupides, et ne sont propres à aucune sorte de cbasse. On s’en sert néanmoins pour tirer des traîneaux, auxquels on les attelle au nombre de quatre ou six. Les Groënlandais en mangent la chair, et se font des habits de leurs peaux ^
Les chiens du Kamtschatka sont grossiers, rudes et demi -sauvages comme leurs maîtres. Ils sont communément blancs ou noîrs, plus agiles et plus vifs que nos chiens : ils mangent beaucoup de poisson ; on les fait servir à tirer des traîneaux ; on leur donne toute liberté pendant l’été, on ne les rassemble qu’au mois d’octobre pour les atteler aux traîneaux , et pendant l’hiver on les nourrit avec une espèce de pâte faite de poisson , qu’on laisse fermenter dans une fosse. On fait chauffer et presque cuire ce mélange avant de le leur donner
11 paraît, par ces deux derniers passages tirés des voyageurs, que la race des chiens de Groenland et de Kamtschatka, et peut-être des autres climats septentrionaux, ressemble plus aux chiens d’Islande qu’à toutes autres races de chiens, car la description que nous avons donnée ci-dessus des deux chiens amenés de Russie à Paris , aussi bien que les notices qu’on
а. Extrait d’une lettre de M. Pasumot, de l’Académie de Dijon, à M. de Buffon, en date du 2 mars 1775.
б. Lettre de feu M. Collinson à M. de Buffon, datée de Londres, 9 février 1764,