Voyez la note 2 de la page
ADDITIONS
« sauts, parce qu’il ne peut pas exercer sa force dans le petit appartement « où il est renfermé : dans l’état de liberté, on dit que ces animaux font « des sauts de vingt à trente pieds.
c( Son cri est une espèce de grognement ; quand il mange, il s’assied en « étendant horizontalement ses grandes jambes et en courbant son dos ; il « se sert de ses pieds de devant comme de mains pour porter sa nourriture et à sa gueule; il s’en sert aussi pour creuser la terre, ce qu’il fait avec « tant de promptitude qu’en peu de minutes il peut s’y enfoncer tout à fait.
« Sa nourriture ordinaire est du pain, des racines, du blé, etc.
« Quand il dort, il prend une attitude singulière, il est assis avec les « genoux étendus; il met sa tête à peu près entre ses jambes de derrière, « et avec ses deux pieds de devant il tient ses oreilles appliquées sur ses « yeux, et semble ainsi protéger sa tête par ses mains; c’est pendant le jour « qu’il dort, et pendant la nuit il est ordinairement éveillé.
« Par cette description on voit que cet animal doit être rangé dans la «classe des gerboises, décrites par M. de BufFon, mais qu’il en diffère « cependant beaucoup, tant par sa grandeur que par le nombre de ses « doigts. Nous en donnons ici la figure *, qui, quoiqu’elle ait beaucoup de « rapport avec celle que nous avons donnée du gerbo, en diffère cependant « assez pour qu’on ne puisse pas les confondre : nous avons fait graver « au bas de la planche les pieds de cet animal, pour qu’on comprenne « mieux ce que nous en avons dit.
« S’il est le même animal que celui qui a été décrit dans la relation du « voyage du capitaine Cook, comme il y a grande apparence, la figure qui « s’en trouve dans l’ouvrage anglais et dans la traduction française n’est « pas exacte : la tête en est trop longue , ses jambes de devant ne sont « jamais dans la situation où elles sont représentées comme pendantes « vers le bas; le nôtre les tient toujours appliquées à sa poitrine, de « façon que ses ongles sont placés immédiatement sous sa mâchoire infé- « rieure ; situation qui s’accorde avec celle que leur donne l’auteur an- « giais, mais qui a été mal exprimée par le dessinateur et par le graveur.
« Yoici les dimensions de notre grand gerbo, qui feront mieux connaître « combien il diffère de toutes les autres espèces décrites.
Piedsi Pouces. Lignes,
« Longueur du corps mesuré en ligne droite , depuis le bout du museau
« jusqu’à l’origine de la queue 1 2 »
« Longueur des oreilles » 2 9
(I Distance entre les yeux » 2 »
<( Longueur de l’œil d’un angle à l’autre » 1 1
t< Ouverture de l’œil » » 9
« Circonférence du corps, prise derrière les jambes de devant » 11 »
« Circonférence prise devant les jambes de derrière 1 » 2
1. Voyez la jdanebe xn du t. VI des Suppléments, édition in-4“ de l’Imprimerie royale.
DES GERBOISES. 399
Pieds. Pouces, L‘gnos.
« Hauteur des jamies de devant, depuis l’extrémité des ongles jusqu’à la
« poitrine » 3 »
« Longueur des jamhes de derrière, depuis l’extrémité des pieds jusqu’à
« l’abdomen » 8 9
Longueur de la queue 1 2 9
En comparant ces descriptions de M. Allamand, et en résumant les observations que l’on vient de lire, nous trouverons dans ce genre des gerboises quatre espèces bien distinctement connues : 1“ la gerboise ou gerbo d’Edwards, d’Hasselquist et de M. Allamand, dont nous avons donné la description page 457 du IIP volume, et à laquelle nous laissons simplement le nom de gerboise, en persistant à lui rapporter l’alagtaga',eten lui rapportant encore, comme simple variété, la gerboise de Barca de M. le chevalier Bruce^; 2" notre tarsier^, qui est bien du genre de la gerboise et même de sa taille , mais qui néanmoins forme une espèce différente , puisqu’il a cinq doigts à tous les pieds; 3° la grande gerboise ou lièvre sauteur du Cap que nous venons de reconnaître dans les descriptions de MM. de Querhoënt, Forster et Allamand; 4“ la très-grande gerboise de la Nouvelle-Hollande , appelée kanguroo ® par les naturels du pays ; elle approche de la grosseur d’une brebis, et par conséquent est d’une espèce beaucoup plus forte que celle de notre grande gerboise ou lièvre sauteur du Cap, quoique M. Allamand semble les rapporter l’une à l’autre. Nous n’a- .vons pas cru devoir copier la figure de cette gerboise, donnée dans le premier Voyage du capitaine Cook, parce qu’elle nous paraît trop défectueuse; mais nous devons rapporter ici ce que ce célèbre navigateur a dit de ce singulier animal, qui jusqu’à ce jour ne s’est trouvé nulle part que dans le continent de la Nouvelle-Hollande.
« Comme je me promenais le matin à peu de distance du vaisseau, dit-il « [à la baie d’Bndeavour, côte de la Nouvelle-HoUande), je vis un des ani- « maux que les gens de l’équipage m’avaient décrit si souvent; il était d’une «légère couleur de souris, et ressemblait beaucoup par la grosseur et la « figure à un lévrier, et je l’aurais en effet pris pour un chien sauvage, si
«au heu de courir il n’avait pas sauté comme un lièvre ou un daim
« M. Banks, qui vit imparfaitement cet animal, pensa que son espèce était
« encore inconnue Un des jours suivants, comme nos gens partaient au
« premier crépuscule du matin pour aller chercher du gibier, ils virent
1. La gerboise proprement dite ou gerbo et Valagtaga sont deux espèces distinctes. (Voyez la note de la page 459 du III<= volume.)
2. La gerboise de Barca n’est, en effet, qu’une variété de la gerboise proprement diti on gerbo.