‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 243 sur 392 · Voyez la note de la page 32 du IIP Yolume · texte numérisé non relu

Voyez la note de la page 32 du IIP Yolume

* Voyez la nomenclature de la page 404 du IIP volume.

ADDITIONS

l’avait enfermé dans un grenier, il se jeta par la fenêtre et tomba dans un bassin où il se noya, ce qui ne lui serait pas arrivé s’il n’eût pas été blessé dans sa chute sur les bords du bassin.

l’apéréa. *

Cet animal, qui se trouve au Brésil, n’est ni lapin ni rat, et paraît tenir quelque chose de tous deux; il a environ un pied de longueur sur sept pouces de circonférence ; le poil de la même couleur que nos lièvres , et blanc sous le ventre; il a aussi la lèvre fendue de même; les grandes dents incisives, et la moustache autour de la gueule et à côté des yeux ; mais ses oreilles sont arrondies comme celles du rat, et elles sont si courtes qu’elles n’ont pas un travers de doigt de hauteur ; les jambes de devant n’ont que trois pouces de hauteur, celles de derrière sont un peu plus longues; les pieds de devant ont quatre doigts couverts d’une peau noire et munis de petits ongles courts ; les pieds de derrière n’ont que trois doigts, dont celui du milieu est plus long que les deux autres; l’apéréa n’a point de queue; sa tête est un peu plus allongée que celle du lièvre, et sa chair est comme celle du lapin, auquel il ressemble par la manière de vivre®. Il se recèle aussi dans des trous, mais il ne creuse pas la terre comme le lapin; c’est plutôt dans des fentes de rochers et de pierres que dans des sables qu’il se retire : aussi est-il bien aisé à prendre dans sa retraite. On le chasse comme un très-bon gibier, ou du moins aussi bon que nos meilleurs lapins ^ Il me paraît que l’animal dont Oviédo, et après lui Charlevoix'’ et Duperrier de Monlfraisier, font mention sous le nom de cori, pourrait bien être le même que Vapéréa^ ; que dans quelques endroits des Indes occidentales on a peutêtre élevé de ces animaux dans les maisons ou dans des garennes, comme nous élevons des lapins ; et qu’enfm c’est par cette raison qu’il s’en trouve

a. Marcgrav., Hist. nat. Brasil., page 223, fig., ibid.

b. Pison, Hist. Brasil., page 103.

c. Oviédo dit que le cori est comme un petit lapin, qu’il y en a de tout hlancs et d’autres de couleurs mêlées. Histoire de Saint-Domingue , par le P. Cliarlevoix, t. I, p. 35.

d. Le cori (des Indes espagnoles) est un petit animal à quatre pieds, assez semWable à nos lapins et aux taupes ; il a les oreilles petites , et les porte tellement couchées sur le dos qu’à peine les aperçoit-on; il n’a point de queue. Les uns sont tout blancs, les autres tout noirs, les autres mouchetés de noir et de blanc ; il y en a de tout rouges et d’autres mouchetés de

rouge et de blanc Ils sont privés et ne font aucune ordure dans les maisons ; ils mangent

de l’herbe et se nourrissent de peu de chose ; ils ont le goût et le fumet des meilleurs lapins. Histoire des voyages, par Duperrier de Montfraisier. Paris, 1707, p. 343.

* Souche du cochon d’Inde {cavia cobaia). — Voyez la nomenclature de la page 614 du II® volume. — « Il y a lieu de penser que le cochon d’Inde vient d’un animal d’Amérique « nommé apéréa , de même taille et de même forme, mais à pelage entièrement gris-roussàtre. a On le trouve dans les bois du Brésil et du Paraguay. » (Cuvier.)

DE L’APÉRÉA.

de roux, de blancs, de noirs et de variés de couleurs différentes; ma conjecture est fondée, car Garcilasso dit expressément qu’il y avait au Pérou des lapins champêtres et d’autres domestiques , qui ne ressemblaient point à ceux d’Espagne

DE l’agouti. *

Nous avons peu de chose à ajouter à ce que nous avons dit de l’agouti. M. de la Borde nous écrit seulement que c’est le quadrupède le plus commun de la Guiane : tous les bois en sont pleins, soit sur les hauteurs, soit dans les plaines, et même dans les marécages.

c( 11 est, dit-il, de la grosseur d’un lièvre : sa peau est dure et propre à « faire des empeignes de souliers qui durent très-longtemps; il n’a point de « graisse, sa chair est aussi blanche et presque aussi bonne que celle du (( lapin, ayant le même goût et le même fumet. Vieux ou jeune, la chair en « est toujours tendre, mais ceux du bord de la mer sont les meilleurs ; on « les prend avec des trappes, on les tue à l’affût, on les chasse avec des « chiens. Les Indiens et les nègres, qui savent les siffler, en tuent tant « qu’ils veulent. Quand ils sont poursuivis ils se sauvent à l’eau, ou bien « ils se cachent, comme les lapins, dans des trous qu’ils ont creusés , ou « dans des arbres creux. Ils mangent avec leurs pattes comme les écureuils; « leur nourriture ordinaire, et qu’ils cachent souvent en terre pour la « retrouver au besoin , sont des noyaux de maripa , de tourloury , de « carona, etc., et lorsqu’ils ont caché ces noyaux, ils les laissent quelque- « fois six mois dans la terre sans y toucher ; ils peuplent autant que « les lapins. Ils font trois ou quatre petits, et quelquefois cinq dans toutes « les saisons de l’année. Ils n’habitent pas en nombre dans le même trou ; « on les y trouve seuls, ou bien la mère avec ses petits ; ils s’apprivoisent « aisément et mangent à peu près de tout : devenus domestiques, ils ne vont « pas courir loin et reviennent à la maison volontiers; cependant ils con- « servent un peu de leur humeur sauvage. En général ils restent dans leurs « trous pendant la nuit, à moins qu’il ne fasse clair de lune , mais ils « courent pendant la plus grande partie du jour, et il y a de certaines « contrées, conime vers l’emhouchure du fleuve des Amazones, où ces ani- « maux sont si nombreux qu’on les rencontre fréquemment par ving- « taines. »

a. Histoire des Incas, t. II, page 267.

* Voyez la nomenclature de la page 663 du U* volume.

ADDITIONS

l’akouciii. *

L’akouchi est assez commun à la Guiane et dans les autres parties de l’Amérique méridionale; il diffère de l’agouti en ce qu’il a une queue, au lieu que l’agouti n’en a point; l’alvouchi est ordinairement plus petit que l’agouti, et son poil n’est pas roux, mais de couleur olivâtre® : voilà les seules différences que nous connaissions entre ces deux animaux, qui néanmoins nous paraissent suffisantes pour constituer deux espèces distinctes et séparées.

DE l’akoucih {suile).

Nous avons dit que l’akouchi était une espèce différente de l’agouti, parce qu’il a une queue et que l’agouti n’en a point G II en diffère encore beaucoup par la grandeur, n’étant guère plus gros qu’un lapereau de six mois; on ne le trouve que dans les grands bois. Il vit des mêmes fruits et il a presque les mêmes habitudes que l’agouti. Dans les îles de Sainte-Lucie et de la Grenade on l’appelle agouti; sa chair est un des meilleurs gibiers de l’Amérique méridionale; elle est blanche et a du fumet comme celle du lapereau. Lorsque les akouchis sont poursuivis par les chiens, ils se laissent prendre plutôt que de se jeter à l’eau. Ils ne produisent qu’un petit ou deux tout au plus (à ce que dit M. de la Borde, mais je doute de ce fait). On les apprivoise aisément dans les maisons; ils ont un petit cri qui ressemble à celui du cochon-d’Inde, mais ils ne le font entendre que rarement.

MM. Aublet et Olivier m’ont assuré qu’à Cayenne on appelle l’agouti le lièvre, et l’akouchi le lapin, mais que l’agouti est le meilleur à manger; et, en parlant du gibier de ce pays, ils m’ont dit que les tatous sont encore meilleurs à manger, à l’exception du tatou-cabassou qui a une forte odeur de musc; qu’après les tatous le paca est le meilleur gibier, parce que la chair en est saine et grasse, ensuite l’agouti, et enfin l’akouchi. Ils assurent aussi qu’on mange le couguar rouge, et que cette viande a le goût du veau.

DU PACA. ^

Comme nous n’avons donné que la description d’un très-jeune paca qui n’avait pas encore pris la moitié de son accroissement, et qu’il nous est

a. Cuniculus minor, caudatus , olivaceus. Akouclii. Barrère, Hist. nat. de la Fr. équin., page 153.

* Cavia acuchi (Gmel. ).

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