Voyez la note de la page 184 du III« volume
ADDITIONS
«jours dans les bois écartés et presque inaccessibles, surtout dans le « temps qu’ils sont en chaleur, mais que dans l’île de Ceylan , où j’ai « demeuré douze ans, le terrain étant partout habité, ils ne peuvent pas se « cacher si bien ; et que les ayant constamment observés, j’ai vu que la « partie naturelle de la femelle se trouve en effet placée presque sous le « milieu du ventre, ce qui ferait croire, comme le dit M. de Butfon, que les « mâles ne peuvent la couvrir à la façon des autres quadrupèdes; cepen- « dant il n’y a qu’une légère différence de situation : j’ai vu, lorsqu’ils «veulent s’accoupler, que la femelle se courbe la tête et le cou, et appuie « les deux pieds et le devant du corps, également courbés, sur la racine « d’un arbre, comme si elle se prosternait par terre, les deux pieds de der- « rière restant debout et la croupe en haut, ce qui donne aux mâles la faci- « lité de la couvrir et d’en user comme les autres quadrupèdes. Je puis dire « aussi que les femelles portent leurs petits neuf mois ou environ. Au reste, « il est vrai que les éléphants ne s’accouplent point lorsqu’ils ne sont pas « libres. On enchaîne fortement les mâles, quand ils sont en rut, pendant « quatre à cinq semaines; alors on voit parfois sortir de leurs parties natu- « relies une grande abondance de sperme, et ils sont si furieux pendant ces « quatre ou cinq semaines, que leurs cornacs ou gouvernem’s ne peuvent « les approcher sans danger. On a une annonce infaillible du temps où ils « entrent en chaleur, car quelques jours avant ce temps on voit couler une « liqueur huileuse qui leur sort d’un petit trou qu’ils ont à chaque côté de « la tête. Il arrive quelquefois que la femelle, qu’on garde à l’écurie dans ce « temps, s’échappe et va joindre dans les bois les éléphants sauvages; mais « quelques jours après son cornac va la chercher, et l’appelle par son nom « tant de fois qu’à la fin elle arrive, se soumet avec docilité, et se laisse « conduire et renfermer : et c’est dans ce cas où l’on a vu que la femelle « fait son petit à peu près au bout de neuf mois. »
11 me paraît qu’on ne peut guère douter de la première observation sur la manière de s’accoupler des éléphants, puisque M. Marcel Blés assure l’avoir vu ; mais je crois qu’on doit suspendre son jugement sur la seconde observation touchant la durée de la gestation, qu’il dit n’être que de neuf mois, tandis que tous les voyageurs assurent qu’il passe pour constant que la femelle de l’éléphant porte deux ans. *
DE l’éléphant, de l’hippopotame et du chameau.
J’ai rapporté, dans l’article précédent, l'extrait d’une lettre de M. Marcel Blés, seigneur de Moërgestel , au sujet de l’accouplement des éléphants, et il a eu la bonté de m’en écrire une autre le 25 janvier 1776,